Ariel Pink - pom pom - Le Canal Auditif

Ariel Pink – pom pom

arielIl y a deux ans, l’inimitable Ariel Pink s’accointait avec ses acolytes chez Haunted Graffiti afin de nous gratifier de l’excellent Mature Themes; disque prisé par votre vieux briscard favori dans la liste des meilleurs albums de 2012. Notre dingo sonore préféré revient cette semaine avec un pom pom colligé en mode solo et qui constitue une anthologie de tout ce que le créateur fou est en mesure de concevoir musicalement parlant. Bienvenue dans le monde délicieusement déjanté d’Ariel Pink!

Fidèle à son habitude, Pink s’amuse autant avec les claviers rétro futuristes issus des seventies qu’avec l’esthétique électro-pop des eighties, y ajoutant une bonne dose de pop psychédélique hallucinogène. Ce qui différencie cette parution de l’ensemble du travail d’Ariel Pink est sans contredit la réalisation déflagrante et limpide qui accentue l’effet singulier/hallucinant de la musique du musicien. Les simples accrocheurs pullulent et côtoient les bizarreries sonores. Si on ajoute à ces ingrédients, les textes complètement fous du bonhomme, vous aurez dans les oreilles un disque détenant une signature absolument unique.

Au travers cet univers littéraire sarcastique/absurde réside un fieffé compositeur qui maîtrise son style à la perfection. Ariel Pink parachute candidement son meilleur album en carrière. L’esthétique lo-fi (relégué quelque peu à l’arrière-plan) s’incorpore astucieusement à l’intérieur de ces chansons superbement réalisées. De plus, notre homme s’amuse à modifier les rythmes brusquement, et ce, sans perdre l’auditeur dans ce remarquable délire. Une prouesse!

Ce disque constitue une jouissive célébration pop de l’étrange et de la différence. Cette fébrile affirmation, d’une foisonnante folie, est aux antipodes de notre époque conformiste et sur cet aspect ce pom pom est un réjouissant coup de pied dans les parties de tous ceux qui souhaitent un monde lisse et aseptisé. Évidemment, le mélomane bien pensant pourrait être ahuri par la démesure de l’imagination d’Ariel Pink, mais ici, on célèbre sans ménagement l’insolite talent du compositeur.

Ce soixante-sept minutes ne comporte aucune imperfection et parmi les dix-sept ritournelles prodiguées, on s’est délecté de la nerveuse White Freckles, de la sombre Not Enough Violence (qui se transmute en une trame sonore tribale/cauchemardesque), des guitares arpégées dans Put Your Number In My Phone, de la beach-boyesque Nude Beach A Go-Go, de la quasi Ty Segall titrée Goth Bomb, de la complètement disjonctée Dinosaur Carebears, de la punk synthétique Negativ Ed ainsi que de cet hommage aux «strip-clubs» intitulé Black Ballerina. Se hissera aisément dans les hautes sphères de notre palmarès de fin d’année qui arrive à grands pas.

Ariel Pink est un cas vraiment à part, une remarquable anomalie musicale, qui pige dans tous les genres qui lui tombent sous la main afin de créer un «monde» incomparable et totalement exclusif. On adhère ou pas, mais on ne peut reprocher quoi que ce soit à Ariel Pink en ce qui a trait à l’originalité de la proposition. Tout simplement un exploit!

Ma note: 8,5/10

Ariel Pink
Pom Pom
4AD
67 minutes

www.4ad.com/artists/arielpink

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