Arctic Monkeys - AM - Le Canal Auditif

Arctic Monkeys – AM

Arctic_Monkeys_AM_coverLes singes arctiques sont de retour avec leur cinquième album studio en carrière. Les quatre jeunes britanniques offrent exactement ce à quoi on s’attend d’eux. Nous sommes toujours dans la continuité de Suck It And See qui avait reçu globalement des critiques positives. On sent que leur lente glissade vers le monde de la pop se poursuit. Car il faut le dire, les Arctic Monkeys sont particulièrement doués pour les mélodies captivantes typiquement rock et encore une fois sur Am, ils s’imposent avec force sur ce plan.

On devine encore l’empreinte que Josh Homme a laissée derrière lui sur la bande à Alex Turner. D’ailleurs, cette «bromance» qui unit les deux hommes vient teinter sérieusement la galette. D’un côté, à l’image de QOTSA, Arctic Monkeys n’a définitivement plus la hargne et la vigueur des débuts. Par ailleurs, on reconnaît aussi les chœurs à voix haute typiquement Homme sur One For The Road… et ce n’est pas étranger au fait d’y retrouver le grand rouquin.

Par contre, les Anglais nous envoient encore d’excellentes pièces en plein visage. Que ce soit avec l’intoxicante R U Mine? qui était parue en 2012 ou encore avec Do I Wanna Know? avec ses gros riffs qui accrochent l’oreille, les Monkeys sont particulièrement en forme sur ces morceaux. On retrouve aussi un petit penchant plus trip hop sur quelques pièces sur lesquelles les guitares rappellent quelque peu les sonorités que Dr. Dre élaborait à son apogée. Why’d You Only Call Me When You’re High? fait partie de ce genre de chanson évoquée et c’est tout à fait réussi! La mélodie risque de vous hanter pendant plusieurs jours et vous donnera envie d’appuyer sur le bouton «play» à répétition. Arabella porte aussi cette signature, mais elle se transforme au refrain en une chanson quasi Black Sabbath. À plusieurs reprises sur ce AM, les distorsions utilisées se rapprochent particulièrement du son des premiers balbutiements du groupe.

Ceci étant dit, il n’y a pas que du bon à dire de la galette. Les trois dernières pièces ne passeront pas à l’histoire. On voit aussi que la propension assumée pour la mélodie pop attire Arctic Monkeys vers la balade et bien que la mélancolique No.1 Party Anthem soit réussie, on se lasse rapidement de la folk Mad Sounds.

Bref, ceux qui priait le petit Jésus pour qu’Arctic Monkeys retrouve la hargne qui a marqué leur début seront déçus et devront sans doute faire leur deuil, et ainsi se contenter d’apprécier la force mélodique d’AM… ou encore ruminer les mêmes frustrations ad vitam aeternam. À vous de choisir votre camp!

Ma note : 7,5/10

Arctic Monkeys
AM
Domino Records
42 minutes

www.arcticmonkeys.com/

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