Critiques

Wye Oak

Wye Oak- Tween

  • Merge Records
  • 2016
  • 40 minutes
7,5

Wye OakCinquième album de Wye Oak, Tween est présenté comme une collection de retailles d’albums, de pièces qui n’entraient pas dans le concept de Shriek (2014) ou de Civilian (2011). Pas comme des morceaux rejetés, non, mais vraiment comme des protubérances qui n’entraient pas dans le moule. Tween, c’est donc cette vingtaine encore adolescente, ce mélange de légèreté et de sérieux. Jenn Wesner et Andy Stack offrent huit pièces pop où la guitare de Wesner, absente de Shriek, reprend ses droits, sans avoir la verve ou le côté grunge qu’on trouvait sur Civilian.

J’ai été de celles qui ont pleuré le tournant synth-pop de Wye Oak en 2014 avec Shriek. Civilian, paru en 2011, a propulsé Wye Oak dans les palmarès critiques. Cet album avait résonné chez moi comme peu d’autres, par le côté brut, simple, mais recherché du duo. La guitare, la voix, le drum. Un trio de sons parfait. Alors quand Shriek a paru, l’absence de guitare m’a agressé. La montée des synthétiseurs m’avait donné l’impression que le duo sonnait maintenant comme tout le monde. Pourtant, Shriek est une galette de qualité, avec des textes savamment fignolés, des mélodies travaillées. Juste moins ma tasse de thé. Et arrive Tween, pas exactement un nouvel album, mais quand même. On flotte quelque part entre Civilian et Shriek, et loin des univers de Dungeonnesse ou de Flock Of Dimes, les deux autres projets de Wesner.

Tween a une construction somme toute standard: une intro planante, étonnante, une pièce pop, une plus rock, des balades, des refrains catchy, une finale joyeuse pour balancer le début plus sombre. No Dreaming offre une balade parfaitement répétitive: «Why not» revient quarante-trois fois, question de bien transmettre le doute, l’hésitation. Certaines pièces flirtent plus avec le synth-pop à la sauce 80, comme la magnifique Better (For Esther), qui raconte le besoin de remonter vers ses origines, ou No Dreaming. D’autres appartiennent à la pop, comme la finale Watching The Waiting.

Too Right a ce côté agressif qui marquait Civilian. L’anxiété et la déroute transpirent dans les guitares, dans la subtile distorsion de la voix: «The absence of light should amaze me/But it’s dark out every night». Trigger Finger témoigne aussi du talent de guitariste de Jenn Wesner.

Aussi étonnant que cela puisse paraître, une des grandes forces de Tween provient de sa cohésion. Même si les styles varient, il reste un fil conducteur fort, tant dans le son que dans les paroles, une recherche de signature qui ramène à cette recherche identitaire de la vie du vingtenaire.

Ma note: 7,5/10

Wye Oak
Tween
Merge Records
40 minutes

http://wyeoakmusic.com/