Critiques

Tobias Jesso Jr.

Goon

  • True Panther Sounds
  • 2015
  • 47 minutes
7

Tobias Jesso Jr.Au printemps dernier, ce Canadien d’origine a lancé un disque titré Goon dont la critique s’est sérieusement entichée. Tobias Jesso Jr. était bassiste au sein de la formation The Sessions et faisait le même travail pour la chanteuse pop Melissa Cavatti avant de se lancer en solo. Avec l’aide de l’excellent Chet Jr. White (Girls) à la réalisation, le compositeur propose douze chansons pigeant allègrement dans les univers musicaux des Randy Newman, Harry Nilsson, Billy Joel et Elton John de ce monde; toutes ces grandes pointures de la grande époque du soft-rock des années 70. On y va donc pour une critique rattrapage!

Le parcours de l’artiste mérite le plus grand des respects. Obèse, marginalisé et incompris à un très jeune âge, Jesso Jr. s’est servi de la musique pour s’extirper de son rôle de «rejet» afin de se faire une place au soleil enviable. Mais bon, les vieux de la vieille qui connaissent parfaitement les influences aveuglantes entendues sur ce disque ne seront pas leurrés par le travail du trentenaire. La recette est très simple: accords au piano, voix et chansons pop millésimés… et ça sonne exactement comme l’amalgame des chansonniers présentés dans le premier paragraphe!

Jesso Jr. prend à bras le corps le soft rock beatlesque et l’assaisonne de petites pincées jazzistiques et de blues pianistique nous catapultant directement dans une station de radio AM des seventies. Le bonhomme maîtrise parfaitement le genre et est irréprochable mélodiquement parlant, mais est-ce que la quasi-canonisation du créateur était justifiée? On en décevra quelques-uns, mais notre réponse est: «Non!» Cela dit, pas de doute, ce Goon est un très bon disque. Cependant, le jeune frisé devra individualiser son art s’il veut nous impressionner.

En ces jours de conservatisme accentué et d’austérité mondiale grandissante, on accepte que certains portent aux nues un artiste puisant dans un passé qui nous remémore une certaine insouciance… qui s’est malheureusement égarée en chemin. Les sempiternels thèmes de l’amour et de la fuite en avant constituent le pain et le beurre de ce Goon et le chanteur aborde pertinemment ces sujets… avec une émotivité un peu maniérée, mais qui semble sincère.

Parmi les bons coups, on note la très Paul McCartney (avec les Wings) titrée Can We Still Be Friends, l’excellente Hollywood (caractérisée par une conclusion ponctuée de cuivres dissonants accentuant ainsi la mélancolie exprimée par Jesso Jr.), la voix trafiquée très Lennon dans Bad Words ainsi que les violons frémissants dans Just A Dream.

Précision. Goon est une première offrande de qualité. Néanmoins, attendons un peu avant de pavoiser démesurément. Est-ce que le jeune homme saura passer l’épreuve du temps? S’il ne se distancie pas assez de ses aveuglants ascendants, on pourrait se lasser assez vite de ses ritournelles, mais si Tobias Jesso Jr. s’efforce de brouiller les pistes et d’y mettre un peu plus d’authenticité, on pourrait assister à l’émergence d’un magnifique songwriter. Un peu de polissage et de véracité et ça pourrait y être!

Ma note: 7/10

Tobias Jesso Jr.
Goon
True Panther Sounds
47 minutes

http://www.tobiasjessojr.com

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