Critiques

Thou

Magus

  • Sacred Bones Records
  • 2018
  • 75 minutes
8,5
Le meilleur de lca

Thou. Je les suis depuis longtemps et jamais auparavant je n’ai pu faire la critique d’un de leurs albums. Mettons ça sur le dos du timing ou sur celui du fait que le groupe sort tellement de mini-albums que LP Labrèche pourrait en parler tous les mois dans sa chronique de EP. Reste que : enfin, les astres s’alignent et le groupe doom/grind/grunge/punk/name it sort un 4e album complet alors que j’ai un clavier sous la main et un peu de temps à tuer!

Thou (prononcez «doux»), c’est un monstre à 5 têtes de Baton Rouge en Louisiane mené par Bryan Funck, depuis que ce dernier a dit aux autres gars que leur chanteur était vraiment nul, quelque part en 2006. Depuis la parution de Tyrant, en 2007, le groupe est constamment en train de produire de la musique ou tourner, faisant preuve d’une discipline indestructible. Magus est leur 5e album et leur plus récente offrande, qui suit les sorties successives de The House Primordial (un essai drone-metal), Inconsolable (une incursion dans le dark folk) et Rhea Sylvia (la plus grunge des sorties du groupe), eux-mêmes trois derniers d’une légion de 29 mini-albums et/ou albums collaboratifs (avec The Body et Kowloon Walled City, entre autres).

Magus est le plus long des albums de Thou jusqu’à maintenant. C’est également une oeuvre à grand déploiement qui ne lésine pas sur les moyens pour faire entendre toutes les facettes de l’univers musical que le groupe s’est construit au cours de ses 13 années d’existence. On y retrouve donc des riffs sludge et doom puissants, des voix plus abrasives que du papier sablé frotté sur une langue, quelques clins d’oeil au black metal lo-fi (My Brother Caliban, dans ce cas-ci) et des trips psychédéliques du genre Pink Floyd rencontre Neurosis et Alice in Chains, mettons. Il faut dire que le grunge n’est jamais très loin dans l’oeuvre du groupe. Je les ai connus sur une compilation hommage à In Utero avant de me rendre compte que leur discographie est ponctuée de nombreuses reprises de Nirvana, ce qui m’a causé bien des tourments de type Pokémon (collectionnez-les tous!).

Pour avoir une idée précise du son du groupe sans l’écouter, pensez à Eyehategod qui remplace la drogue par la motivation ou encore à Electric Wizard en plus fâché, qui ne fume pas assez de weed pour trop allonger ses répétitions. Si vous ne comprenez rien à ce que je raconte, c’est pas grave. Magus peut très bien servir de porte d’entrée vers ce style de métal plus expérimental. Soyez juste averti que ce n’est pas du Metallica et ça devrait bien aller.

En fait, il est fort probable que Magus soit la porte d’entrée vers l’univers hostile de Thou pour beaucoup de gens. Juste le fait que l’album soit lancé sur l’étiquette Sacred Bones leur garantit déjà une plus grande visibilité. Est-ce que c’est l’album idéal pour commencer à les écouter ? Bonne question. Le groupe est tellement constant dans son agressivité qu’il n’y a pas vraiment d’album plus facile à écouter que d’autres. Si on pouvait faire une compilation des chansons où des voix de femmes sont utilisées afin d’adoucir le carnage, ce serait pas mal. Mais non. L’album Summit serait une bonne porte d’entrée vu sa durée de 40 minutes. Mais oubliez ça. Plongez dans Magus comme si c’était une piscine à 65 degrés. Au début ça choque solide, mais après quelques secondes, c’est juste ben confortable.

Juste ben.

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