Critiques

Thee Oh Sees

Mutilator Defeated At Last

  • Castle Face Records
  • 2015
  • 34 minutes
7,5

Thee Oh SeesBon an mal an, même si le salopard de John Dwyer nous affirmait l’année dernière qu’il prenait quelques «vacances» de Thee Oh Sees (ou le contraire ou encore n’importe quoi), la formation est toujours de retour avec un nouvel opus. Au printemps 2014, l’album Drop paraissait, sur lequel on y entendait un groupe en mode punk psychédélique, un peu krautrock sur les bords; un disque schizophrénique qui nous avait laissés, avec du recul, sur notre appétit. Cette fois-ci, on retrouve pour notre plus grand bonheur le Thee Oh Sees de Floating Coffin.

Proposant un rock frénétique/nerveux, bifurquant en fin de parcours vers des morceaux plus paisibles, mais tout aussi narcotiques, Thee Oh Sees nous refait le coup une autre fois. Un excellent album! Cette fois-ci, c’est l’un des habitués de l’univers de Dwyer qui a enregistré et mixé ce Mutilator Defeated At Last: Chris Woodhouse. La formation ne se réinvente pas, mais présente clairement son meilleur profil.

Ça démarre avec cinq brûlots décapants, absolument bouillonnants, et ça fonctionne pas à peu près. On pense au mélange claviers/guitares fuzzées qui donnent une impression d’excès sonore cathartique sur Web, à la punk Withered Hand, au rock psyché/carré Poor Queen, au riff blues rock de malade (quasi zeppelinien) Turned Out Light de même qu’au petit côté Ty Segall, un peu plus à côté de la plaque quand même, de Lupine Ossuary.

Par la suite, la bande à Dwyer ralentit la cadence, mais ça ne signifie pas que le bonhomme nous emmerde royalement, bien au contraire. Ces chansons se catégorisent dans la case «petite volute sonore» incitant à la consommation de tabac qui fait rire ou encore à la fornication voluptueuse avec l’être aimé ou de votre choix… Bien sûr, ça ne nous concerne pas!

Que dire de la cadence magnifiquement nonchalante de Sticky Hulks, du «freak folk» et des claviers anesthésiants positionnés à l’arrière-plan dans le mix de Holy Smoke, du petit intermède «à fond la caisse» de Rogue Planet ainsi que de l’inclinaison détenant un je-ne-sais-quoi de Mark Lanegan de Palace Doctor? À vrai dire, pas grand-chose. On n’a qu’à se laisser bercer par ces chansons psychédéliques parfaites. On délire dans le moment présent avec Thee Oh Sees, n’est-ce pas magnifique?

Depuis quelque temps, certains de nos amis et collaborateurs à LCA (ainsi que votre vieux bouc favori) se pâment devant la musique de Ty Segall et ils ont raison de le faire. Cependant, on oublie parfois de rendre justice à John Dwyer qui a été et est encore explicitement/implicitement le mentor du jeune rocker californien. Ça s’entend tellement à la seule et unique différence que Thee Oh Sees est moins accrocheur que Segall. Pour ce qui est du reste, on demeure dans la même famille. Si vous avez tripé sur Floating Coffin comme nous, vous allez adorer Mutilator Defeated At Last. Dwyer? C’est le maître du rock cannabisant!

Ma note: 7,5/10

Thee Oh Sees
Mutilator Defeated At Last
Castle Face
34 minutes

http://www.theeohsees.com

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