Critiques

Still Corners

Slow Air

  • Wrecking Light Records
  • 2018
  • 41 minutes
7

Il y a quelque chose de l’ambiance d’une fin d’épisode de Twin Peaks dans ce quatrième album de Still Corners. Quelque chose de sensuel, de mélancolique et d’inquiétant. Le duo originaire de l’Angleterre, mais aujourd’hui installé aux États-Unis est composé de Tessa Murray et de Greg Hugues. Ensemble, ils ont enregistré dans un studio maison installé par Hugues au Texas et est livré sur leur maison de disque Wrecking Light. Enregistré à Austin, Slow Air transpose l’idée d’une canicule pesante, étouffante, de l’atmosphère embrumée par le sable en suspension.

Le premier album, Creatures of an Hour (2011) penchait plus dans la sensualité. Le deuxième, Strange Pleasures (2013), dans l’étrangeté et l’indie. En 2016, Dead Blue n’avait pas connu le succès escompté (j’avais même oublié son existence). Cette fois-ci, on retrouve la force du premier album avec l’expérience derrière la cravate des deux musiciens. La guitare est nettement plus présente, parfois rock, parfois pop, parfois blues, à l’avant-plan vis-à-vis des claviers. Et encore une fois, la voix douce, posée, simple, mais juste assez aérienne de Tessa Murray rehausse le tout.

Justement, sa voix éthérée est mise en valeur par la pièce The Message, qui relate l’histoire d’une femme prenant la route et laissant son amour par message de boîte vocale, en arrête à la station d’essence:

« I’m leaving you a message

That I’m gone ».

– The Message

On sent la route se déplier dans un paysage désertique, la voix murmurée, troublée, mais excitée. Quelque chose d’un western tragique, quelque chose à la David Lynch, justement.

L’ambiance lynchienne se poursuit avec Sad Movies :

« Sad movies make me cry

I don’t know why

They remind me of you. »

– Sad Movies

Les paroles sont simples, mais vont droit au but.

Welcome to Slow Air nous transporte dans une jungle où les cris des perroquets se balancent avec une danse aux hanches chaloupées. La pièce atmosphérique de 5 minutes 38 n’est composée que de loops et pourrait être jouée en boucle dans un restaurant branché comme en fond pendant une soirée lecture. Une autre pièce musicale format « variation sur un thème » clôt l’album, justement nommée Long Goodbyes.

Certaines pièces plus énergiques dynamisent l’album, comme Black Lagoon et Fade Out, qui possèdent toutes deux un refrain accrocheur et une finale en « fade out » (pratique pour une pièce qui s’appelle Fade Out). Voilà pour la partie bien pop.

Sur la pièce The Photograph, Tessa Murray s’essaie aux notes un peu plus aiguës. Ce n’est pas mauvais, mais ça fonctionne moins bien pour moi. Les accords plus joyeux et porteurs d’espoir détonnent du reste de Slow Air.

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