Critiques

Son Lux

Bones

  • Glassnote Records
  • 2015
  • 40 minutes
7,5

Son LuxRyan Lott est le meneur incontesté de Son Lux. En 2013, il avait fait paraître un Lanterns fort prisé par la critique. À pareille date l’an dernier, l’artiste participait au projet Sisyphus en compagnie du rappeur Serengeti et du fieffé songwriter Sufjan Stevens. Le natif de Denver, Colorado (résident maintenant à New York) est de retour avec un quatrième album sous le bras titré Bones. Pour ce faire, le compositeur s’est accointé les services de Rafiq Bathia et Ian Chang, constituant ainsi une véritable équipe autour de cette sitedemo.cauction.

D’entrée de jeu, ce Bones n’est pas un disque facile, et ce, même si mélodiquement parlant l’ensemble demeure accessible. C’est surtout au niveau du foisonnement sonore en arrière-plan sonore que ça devient plus exigeant. Son Lux s’amuse à brouiller astucieusement les pistes avec des bidouillages synthétiques et en changeant le rythme des chansons abruptement. Néanmoins, Lott et ses potes réussissent à demeurer intelligibles ramenant aux moments opportuns les lignes mélodiques captivantes.

Curieusement, on entend des effluves de dubstep et de R&B des années 90 sur cette conception sonore. C’est habilement camouflé par la virtuosité des musiciens, mais surtout par la voix magnifiquement mélancolique et prenante du leader de la formation. Quand Son Lux est menaçant et minimaliste, on ressent encore plus l’intensité de l’interprétation du chanteur. On pense à l’introduction Breathe In et la conclusion Breathe Out qui sont deux pièces qui mettent l’accent sur la profondeur et la théâtralité de Ryan Lott.

En contrepartie, quand le trio s’aventure en territoire électro-pop, on est moins ému. Même si les efforts consentis sur Flight et I Am The Others sont largement supérieurs à ceux de nos «amis» Twin Shadow et Passion Pit, on demeure de marbre face à l’approche préconisée… mais c’est loin d’être imbuvable, tant s’en faut! On est largement récompensé par la charge politique de You Don’t Know Me, par la frémissante et minimaliste Your Day Will Come (superbe!), par la rythmique folle qui laisse place à un minimalisme tristounet titrée Undone, par l’arrêt sonore qui étonne et qui se transforme en un moment cadencé sur White Lies ainsi que par l’ascendant gospel entendu sur Now I Want.

Comme vous pouvez le constater, les légères incartades sont amplement compensées par le travail chansonnier totalement abondant et créatif de Son Lux. Évidemment les références musicales au comparse Sufjan Stevens sont évidentes, particulièrement en ce qui a trait aux structures méandreuses. Cependant, le mélomane curieux et un brin aventureux y trouvera vite son compte. Voilà de la pop de très grande qualité qui ne prend pas l’amateur du genre pour un imbécile. Pas de doute, c’est une autre réussite au palmarès déjà garni de Son Lux. Clairement, l’homme est là pour durer longtemps!

Ma note: 7,5/10

Son Lux
Bones
Glassnote
40 minutes

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