Critiques

Rival Consoles

Howl

  • Erased Tapes
  • 2015
  • 42 minutes
8
Le meilleur de lca

Rival ConsolesSi on traduisait «Howl» en français, ça donnerait quelque chose comme hurlement. Un cri qui sort des tripes, triste, grave, violent. C’est un peu ce qui ressort aussi de l’écoute de Howl, le troisième album de Rival Consoles, le projet du Londonien Ryan Lee West. Paru le 16 octobre dernier sous l’étiquette Erased Tapes (pour l’anecdote, il est le premier à avoir été signé sur la prestigieuse maison londonienne), Howl regroupe neuf pièces d’électro empreintes de mélancolie et d’intelligence.

Le premier morceau, qui donne son titre à l’album, mélange savamment gros dub, basse sale et frénésie. La mélodie rappelle les prouesses musicales de Colin Stetson au saxophone baryton. C’est une impression qui reviendra au cours de l’opus. En fait, on sent bien que West connaît la musique, qu’il sait jouer d’autres instruments que les synthétiseurs et outils à bidouillage. Comme il le dit dans sa description de projet: «I’m drawn to electronic music because the patterns your hands learn as a musician sometimes dictate too much in the creating process, with electronic music you don’t have the same muscle memory. » (traduction libre : Je suis attiré par la musique électronique parce les patterns que tes mains apprennent en étant musicien influence trop la manière de créer. Avec la musique électro, les muscles n’ont pas la même mémoire) On ressent donc l’influence mélodique du guitariste et pianiste dans l’approche éclatée de Rival Consoles.

Le premier tiers de l’album est très énergique, voire dansant. D’ailleurs, lors de sa prestation à Mutek Montréal 2015, on a pu constater que Rival Consoles sait faire danser les foules. À partir de la cinquième pièce, Walls, le rythme ralenti, sans pour autant devenir lent. Le troisième tiers retrouve l’énergie, tantôt joyeuse, tantôt agressive. Les six dernières minutes retrouvent l’aspect frénétique du début de l’album, l’urgence et la sensation de course ou de galop.

À certains moments sur Howl, West échantillonne sa voix, la passe au travers de filtres, de pédales, question de bien dénaturer le son. Mais il en reste une trace, une impression d’humanité et d’organique.

Rival Consoles nous amène à tisser des liens avec Nils Frahm et Kiasmos, deux projets signés Erased Tapes, mais aussi avec Jon Hopkins, Apparat, Four Tet ou Colin Stetson. Il ressort de l’album une envie de décoller, de planer et en même temps de s’extasier du quotidien.

Voilà donc une galette de haute qualité. West n’est pas du genre à composer de la musique pour mettre en bruit de fond, mieux vaut prendre le temps de s’immerger dans la musique pour profiter de Howl. Parce qu’on a affaire à une œuvre, pas juste à du bruit.

Ma note: 8/10

Rival Consoles
Howl
Erased Tapes
42 minutes

http://www.erasedtapes.com/artists/biography/5/rival+consoles

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