Critiques

Porches

Pool

  • Domino Records
  • 2016
  • 39 minutes
7

PorchesVoilà une formation folk rock résidente de la ville de New-York, nommée Porches, qui revenait à la charge au début du mois de février avec un nouvel album titré Pool. Mené par le chanteur Aaron Maine, Porches effectue un virage à 180° en délaissant complètement l’instrumentation dite classique (batterie, basse, guitares, voix), plongeant de plain-pied dans l’univers synthétique issu des années 80. Semble-t-il que Maine désirait plus que tout créer un album dynamique qui bonifierait les concerts du groupe.

Avertissement aux purs et durs de Porches, vous pourriez prendre la fuite lorsque vous entendrez ce Pool. La proposition est carrément aux antipodes de ce que propose habituellement la bande. Pour ceux qui ne connaissent pas la formation, ce qui différencie Porches de n’importe quelle autre formation électro pop aux sonorités eighties est sans contredit la voix d’Aaron Maine. Le gars sonne comme une émule de Chris Martin (en mode falsetto) et de Morrissey, avec un je-ne-sais-quoi qui fait penser à Devon Walsh de Majical Cloudz. Une mixture qui plaira assurément à des personnages comme La Brute du Rock qui carburent aux guitares incisives et aux voix remplies de testostérone…

Cela dit, il est bon ce Pool? Eh bien, à ma grande surprise, malgré mon aversion profonde des sonorités synthétiques des années 80, ce Pool fait très bien le travail. Pourquoi? Parce que l’utilisation des claviers, des guitares Nintendo, des rythmes en toc est très bien balancée. C’est minimaliste. Les chansons vont droit au but. Pas d’esbroufe inutile, même si c’est très très années 80…

Enregistré en quasi-totalité dans l’appartement de Maine situé à Mannathan, celui-ci a confié le mixage à un maître du genre: Chris Coady, l’homme derrière la plupart des albums de Beach House. Ça sonne ample sans que ce soit trop lisse. De l’excellente besogne. Cela dit, je ne suis pas dupe. En approfondissant l’écoute de ce Pool, la référence à un groupe comme Orchestral Manœuvres In The Dark (OMD) est assez évidente. Du même souffle, la voix de Maine est juste assez singulière et approximative pour conférer à Porches une identité propre.

Pool est parfait pour une longue randonnée urbaine après une soirée embrumée par l’alcool et le tabac qui fait rire. Les meilleures chansons? La dansante Braid, le je-ne-sais-quoi de Depeche Mode entendu dans Hour, l’extrait Be Apart, la quasi explosive Car, l’utilisation d’un saxophone dissonant dans Shaver, la ténébreuse Shape ainsi que cet hymne réconfortant titré Security. Au final, même si cette sitedemo.cauction aurait dû me pousser dans les bras de Morphée en une seule audition, j’ai été agréablement surpris par la qualité et par l’élégante retenue des chansons de Porches. Un disque satisfaisant.

Ma note: 7/10

Porches
Pool
Domino Recording
39 minutes

https://porchesmusic.bandcamp.com/

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