Critiques

Palma Violets

Danger In The Club

  • Rough Trade
  • 2015
  • 38 minutes
5,5

Palma VioletsCette semaine, c’est le retour du groupe anglais originaire de Londres: Palma Violets. Comme les Libertines ou encore de jeunes Arctic Monkeys, les Violets ont élargi leur bassin de fidèles grâce à l’internet. Au printemps 2013, on avait prêté l’oreille attentivement à leur première offrande, 180, et on était resté un peu sur notre appétit. La cause? Une faiblesse marquée au niveau du songwriting. Qu’en est-il cette fois-ci?

Si sur le précédent effort, l’attitude désinvolte très «british» de la formation permettait à Palma Violets de s’en sortir, c’est moins évident sur Danger In The Club. Les points positifs? En premier lieu, après une incessante tournée, la bande menée par Sam Fryer (voix, guitare) et Chilli Jesson (voix, basse) aurait pu sombrer dans un album totalement mélancolique et sans énergie, mais les Violets évitent le piège. Sur ce plan, on approuve. On a également apprécié l’inclinaison fédératrice toujours aussi présente dans les chansons… mais c’est à peu près tout!

Pour faire de la bonne musique, il ne s’agit pas seulement de beugler des «oh! oh! oh!» rassembleurs comme une horde de saccageurs sur la brosse en mal de sensations fortes. Si l’instinct est un incontournable pour avoir de bonnes idées, ces «bonnes idées» ont autant besoin d’un minimum de logique, de structure et de pragmatisme afin d’amener l’art que l’on pratique à un niveau supérieur… et c’est là que ça se gâte pour Palma Violets.

Il y a bien çà et là quelques morceaux efficaces. On pense à la pièce-titre, la brinquebalante (toutes les chansons de Palma Violets sont un peu croches) Danger In The Club, à la quelque peu Pavement titré Matador, à la bondissante Gout! Gang! Go!, la faussement «stadium rock» Peter And The Gun ainsi que le petit penchant stonien d’English Tongue, mais ça ne compense pas la faiblesse de chansons comme l’imbuvable et vacillante The Jacket Song, l’ineptie intitulée Walking Home de même que la platitude No Money Honey.

Pour ceux qui voyaient en Palma Violets la résurrection du rock britannique ou encore la nouvelle réincarnation des Strokes peuvent aller se rhabiller sur le champ. Ces gars-là sont techniquement plus qu’ordinaires (et on n’est pas celui qui est le plus exigent sur cet aspect) et même si le bon vouloir, qui inclut l’envie d’en découdre avec la vie moderne conservatrice, anime ce groupe, on dénote un peu de paresse et surtout un léger manque de talent…

Bon. Est-ce un disque et un groupe à reléguer subito presto aux oubliettes? Pas nécessairement, mais si les Violets continuent de surfer indolemment sur la vague qui l’a propulsée à l’endroit où ils se positionnent actuellement, on pourrait classer cette formation dans la catégorie «trois petits et puis s’en vont». Messieurs, on vous accorde un dernier sursis… mais à la troisième prise, vous êtes retirés.

Ma note: 5,5/10

Palma Violets
Danger In The Club
Rough Trade
38 minutes

http://www.palmaviolets.co.uk

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