Critiques

Navet Confit

Navet Confit présente le Justin Trudeau Kinda Party

  • Lazy At Work
  • 2019
  • 44 minutes
6,5

Dans le monde de la musique québécoise, Navet Confit est un ovni unique. Il est capable de chansons mélodieuses comme de moments bruyants et sa création dépasse le cadre purement musical. Il fait partie du Théâtre du futur qui a le vent dans les voiles depuis quelques années. Le créateur avait déjà offert un très satisfaisant Engagement, lutte, clan et respect un peu plus tôt cette année.

Mais voilà que Navet avait quelque chose dans sa manche. Un petit joker prêt pour la fête du Canada. Le Justin Trudeau Kinda Party est le premier album créé, enregistré, mixé, matricé et mis en marché sous l’influence du cannabis légal. Oui, oui. Vous avez bien lu. N’allez pas croire que c’était de tout repos pour les participants. Navet Confit n’est pas reconnu comme un fumeur de pot.

Pour cette création, tout le monde s’est enfermé au studio de Pilou (Peter Henry Phillips) pendant 3 jours. Certaines lignes directrices avaient été données : être gelés tout le temps, ne pas s’accorder, ne pas se limiter à de longues improvisations sur un seul accord, ne pas chanter de paroles ou d’airs connus même si ce qui était joué faisait penser à une chanson déjà existante et surtout ne rien publier sur les réseaux sociaux.

Qui participait à cette belle aventure? Ben Bouchard, Lydia Champagne, Christiane Charbonneau, Charles Charles Jr, Navet Confit, Steven Doman, Marie-Pier Gazon, Géraldine, Martine Groulx (Camaromance), Mélanie Harel-Michon (Perdrix), Carl-Éric Hudon, Sheenah Ko (The Besnard Lakes), Martin Lachapelle, Raphaël Léveillé (Embo/phlébite), Jeanne Manseau, Myëlle, Pilou, Jessica Pion, Von Pleid, Cat Sabadou, Jean-Philippe Tremblay (ex-Canailles), Mat Vezio et Jean-Philippe Villemure.

Le résultat?

Eh bien, c’est parfois bien sûr décousu. Chacune des chansons n’est pas un succès parce qu’il s’agit principalement d’improvisation rapidement enregistrée. Mais certaines ritournelles frappent la cible avec surprise. Nous sommes tous de jeunes professionnels maintenant sur laquelle chantent Géraldine, Mat Vezio et Carl-Éric Hudon. C’est vraiment une super bonne pièce. La douce Juste une puff qui a l’air d’une parodie des chanteurs de charme des années 80 est aussi très réussie avec son saxophone sur lequel on a perdu le contrôle. Le rythme soft-rock et les claviers pansus donnent une chanson qui s’écoute bien et fait sourire. Justin merci qui commence lentement et fait tranquillement sa place avec un enregistrement un peu lo-fi reste dans la tête avec sa mélodie planante.

Certaines excentricités sont drôles, comme Exorcisme d’anglais ou encore CBD choir. La première est une conversation étrange passée à travers un filtre et appuyée par de la musique alors que la deuxième est un genre de chœur de l’armée rouge décalé.

Bon avec tout ça, soyons honnêtes, l’album passera peut-être à l’histoire en étant le premier, mais dans son ensemble, ce n’est pas une oeuvre marquante. Fumer de la marijuana n’est pas une raison pour couper les coins ronds. La preuve, une tonne de bons albums se sont construits sur les douces vapeurs du weed. On peut penser aux trois premiers de Run the Jewels et en général, une partie non négligeable du rap qui existe. Bref, c’est possible de faire un album génial intoxiqué à la marijuana. C’est qui est plus difficile, c’est faire un œuvre marquante en trois jours avec beaucoup d’improvisation.

Navet Confit fait preuve encore une fois d’audace et crée des projets fous et adorables. Eh puis, il y a de la bonne chanson sur l’album. C’est sans doute ce qui est le plus surprenant!

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