Critiques

The Mommyheads

Soundtrack to the World’s End

  • Dead Frog Records
  • 2018
  • 50 minutes
5

Au début du mois de septembre, le groupe indie-rock The Mommyheads ajoutait une onzième pierre à sa discographie avec la sortie de To the World’s End. La formation originaire de New York, bien connue des amateurs d’indie et de prog, cumule aujourd’hui plus de trente ans d’existence (si on ne compte pas les dix ans de hiatus entre 1998 et 2008) et a pris naissance sur le continent américain en réponse à l’énorme vague britannique qui avait envahi le monde quelques années plus tôt avec des groupes emblématiques comme Genesis.

Et comme une chanson de rock progressif, ce nouvel opus présente une construction dynamique où les rythmes et les tempos évoluent parfois subtilement et parfois de manière plus abrupte. On peut en recenser plus, mais trois parties se détachent assez distinctement (selon qu’on l’écoute dans l’ordre de lecture évidemment).

Première partie : commencer en douceur

Le disque ouvre sur le très bluesy Don’t Believe The Pilot, dont le riff d’intro à la guitare est simple, mais reste en tête et annonce bien la couleur pour la suite. On aperçoit toutefois l’ombre de Led Zeppelin derrière ce titre. Changement d’ambiance avec la piste suivante Phantom Limb, qui laissent tomber les guitares (du moins au début) pour des synthés bien gras tendance new wave. Synthés que l’on retrouve dans le psychédélique Glimpsing, où la voix du chanteur prend toute la place qui lui est due. Puis on revient au blues avec la très punchy Crooked Picture dont le refrain fait irrémédiablement penser à du U2 (du bon U2).

Deuxième partie : un peu plus d’énergie

À la mi-parcours, on bascule dans un changement d’ambiance (déjà amorcé par la piste précédente Antidote Of The Ascent of Humanity) avec la venue de titres beaucoup plus rythmés. Ainsi, la funky Home On The Moon vient nous sortir de notre torpeur avec son refrain aux accents ensoleillés. Pas le temps de faire redescendre la tension que le titre post-punk Eye On The Canary nous invite à danser comme de beaux diables. Puis, sans transition, la pièce Three débarque avec sa longue intro voix-piano qui se rapproche dangereusement d’une imitation de Queen, la flamboyance de Mercury en moins.

Troisième partie : l’heure de planer

À ce niveau, je ne sais pas si c’est le style que j’aime le moins, mais le manque d’inspiration se fait sentir et la fraîcheur de l’album s”estompe un peu. On a l’impression de réécouter les premières chansons de l’album, mais en moins bien. Comme la très dispensable chanson pop-rock The Final Phaseout  ou la mollassonne Time Will Tell où le chanteur déclame son texte avec la même motivation qu’un ado de 15 ans qui récite son exposé sur la Norvège devant le reste de la classe. Heureusement, les très bons titres, Everybody Needs A Fool et le jazzy Thank You For The Songs, viennent sauver cette fin d’album un peu laborieuse qui se conclut sur le très rock First Bay Born Of Cosmic Rage.

En conclusion, To the World’s End reste un bon album d’indie-rock digne de ses prédécesseurs. Même si les chansons sont d’une qualité inégale, nul doute que les amateurs du genre y trouveront leur compte. On y retrouve un bon melting-pot d’influences (parfois trop appuyées) qui vont de Pink Floyd, Led Zeppelin, en passant par The Police ou Queen. La grande fête du rock des années 70 / 80.  À noter aussi que la production du disque est très bien faite, car elle donne l’impression d’une certaine intemporalité, c’est-à-dire qu’à la simple écoute, il est difficile de dire si ce disque date de cette année ou d’il y a trente ans (tout en conservant une belle qualité de son). Ni ringard ni moderne, le son de cet album est bien ancré dans le style qu’il sert, car l’erreur de sonner  « moderne » aurait peut-être été fatale pour ce genre de musique.

Alors à écouter jusqu’à la fin du monde ? Hum, peut-être pas, mais lors d’une bonne soirée avec une bonne bière de micro-brasserie, volontiers !

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