Critiques

Middle Kids

Today We’re the Greatest

  • EMI Records
  • 2021
  • 41 minutes
7

Le groupe australien Middle Kids lançait récemment son deuxième album. Le premier, Lost Friends, avait fait jaser de lui, surtout en Australie. Suffisamment pour que la maison de disque Domino s’y intéresse et le publie ailleurs dans le monde. Voilà que pour Today We’re the Greatest, Middle Kids est maintenant sur EMI Music, un major. Le groupe n’a pas abandonné pour autant sa facture sonore qu’il développe depuis 2017.

Middle Kids n’a jamais mis de l’avant le son le plus original. Dérivé de la grande vague d’indie-rock des années 2000, le groupe australien peut être comparé à des groupes comme Death Cab For Cutie, The Lumineers et autre groupe qui ont la capacité à faire grouiller des foules dans des amphithéâtres. Par contre, le groupe a plusieurs très bonnes qualités : textes solides, interprétation sans failles d’Hannah Joy, quelques beaux flashs musicaux et un talent certain pour la mélodie en évitant le quétaine.

Si vous voulez un bon exemple de leur capacité à naviguer des eaux déjà visitées sans que ça soit ennuyant ou racoleur, R U 4 Me? est un très bon exemple. Bad Neighbours qui ouvre l’album est une autre pièce qui marche sur la corde raide sans perdre pied. Run With You est aussi une proposition efficace et enjouée qui donne envie de se dandiner dans un stade.

À travers ces propositions qui possèdent quand même de nombreux lieux communs avec l’indie-rock pour les masses, il y a quelques beaux bijoux. Cellophane (Brain) est l’une des pièces qui ressort du lot avec sa mélodie efficace et l’interprétation de Joy frappe dans le mille. Questions, l’un des premiers simples à paraître pour ce nouvel album, est tout simplement sublime. Entre les claquements de mains qui laissent place tranquillement à la guitare et la basse pour ensuite être enrobé de cuivres chauds, la montée parfaite, la livraison efficace et le texte de qualité, il n’y a pas grand-chose à redire. Le groupe sait où peser pour exciter les émotions.

Dans les autres bons coups, Summer Hill est efficace, I Don’t Care possède un rythme entraînant et convaincant alors que Stacking Chairs est plus posée, mais contagieuse. C’est franchement réussi sur toute la ligne.

Middle Kids ne prétend pas révolutionner la musique, mais la livre avec goût. C’est du déjà vu, mais pas exactement fait comme ça. Les fans des grosses années de l’indie-rock y trouveront le réconfort d’une chaise berçante. Ça vaut le détour.