Critiques

Leonard Cohen

Popular Problems

  • Sony Music
  • 2014
  • 36 minutes
8
Le meilleur de lca

lc180 ans. Leonard Cohen. En 2012, l’auguste poète, natif de Montréal, lançait un superbe, pertinent et éloquent Old Ideas. Aujourd’hui, M. Cohen ajoute à son incorruptible corpus chansonnier en faisant paraître Popular Problems. Laissons le maître lui-même situé la prémisse de ce Popular Problems: «La mort, la maladie, Dieu, la foi, la guerre, la paix, etc. tout comme les tracas de la vie quotidienne, ne se volatiseront jamais. Il n’y a aucun moyen de les résoudre. Ce sont nos «popular problems»!».

Réalisé et coécrit une nouvelle fois avec l’acolyte Patrick Leonard, cette offrande se situe entre les excursions synthétiques sitedemo.caiguées avant les années 2000 et les effluves blues/folk prescrits sur Old Ideas. Une formation complète se révèle sur certaines chansons alors que sur d’autres morceaux, messieurs Cohen et Leonard s’amusent avec quelques sonorités synthétiques (claviers, boîtes à rythmes, etc.). Bien entendu, les légendaires chœurs féminins gospelisants (marque de commerce du «son Cohen») viennent survoler l’ensemble de l’œuvre.

Se fondent astucieusement country, blues, gospel à une base pianistique assez académique. Les arrangements sont subtils, simples et minimalistes, ce qui accentue la solennité de la voix caverneuse/rocailleuse de Leonard Cohen. Une réalisation totalement au service du colossal talent du maître chansonnier. Danger Mouse, tu prends des notes? Que dire des textes? «I’m slowing the tune/I never liked it fast» nous susurre le vénérable chansonnier sur le blues cocasse titré Slow. Le message de la lenteur est le principal fil conducteur de ce Popular Problems qui, sans résoudre aucun de nos dits «problèmes populaires», permet d’atteindre nos objectifs de vie avec une certaine sérénité. Sage, très très sage, monsieur Cohen!

Tout y est sur ce disque: la clarté poétique, l’élégance, la concupiscence mythologique du personnage ainsi que l’incidence réparatrice de la voix de Leonard Cohen. Encore une fois, une splendide conception sonore de la part d’un monument qui mérite pleinement l’admiration. Nos lingots d’or? La sublime Samson In New Orleans qui fait référence à l’ouragan Katrina qui a dévasté ce coin des Etats-Unis en 2005. Did I Ever Love qui évoque un Tom Waits dénudé et assagi; totalement émouvant. Nevermind qui est caractérisé par la voix arabisante gracieuseté de la choriste Donna DeLory. Enfin, on a affectionné les cuivres sur l’excellente/prenante My Oh My ainsi que le violon d’Alexandru Bublitchi entendu sur You Got Me Singing qui procure une tournure country à cette pièce.

Que dire de plus? Le maître réussit une nouvelle fois à nous émouvoir franchement grâce à ce Popular Problems, et ce, même s’il demeure dans ses propres sentiers battus. Qui plus est, le complice Patrick Leonard laisse Leonard Cohen s’exprimer éloquemment à travers un enrobage sonore dépouillé, mais ô combien respectueux de l’interprétation raffinée du songwriter. Admirable!

Ma note: 8/10

Leonard Cohen
Popular Problems
Sony Music
36 minutes

www.leonardcohen.com/ca

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