Critiques

Bruce Springsteen

Wrecking Ball

  • Columbia Records
  • 2012
  • 53 minutes
6,5

Mardi dernier, The Boss, Bruce Springsteen lançait sur le marché Wrecking Ball, son septième album studio depuis 2002. Le vétéran songwriter américain, qui n’a plus besoin de présentation, nous offre un disque caractérisé par une colère justifiée à l’endroit d’un rêve américain qui a perdu passablement de plumes depuis le 11 septembre 2001. Une création courageusement politique où le Boss prend position, et ce, sans aucun compromis, en faveur d’une classe moyenne ouvrière qui a amplement goûté à la médecine du libéralisme économique.

Avec une authentique énergie, Springsteen nous offre le meilleur de lui-même; des hymnes gonflés à l’hélium qui donnent envie de chanter à tue-tête, amalgamés à une musique aux accents de folk, de country, de rock et de gospel, bonifiés de rythmes électroniques et d’une incursion dans le hip-hop. Réalisé conjointement avec Ron Aniello, ce Wrecking Ball, s’il se situe à gauche du spectre politique, est sans l’ombre d’un doute au centre; musicalement parlant…

Et c’est ce qui constitue l’écueil principal de cette galette. Les structures musicales sont convenues, les mélodies sont fédératrices mais prévisibles, la réalisation est somme toute conservatrice, et ce, malgré le court passage dans l’univers du hip-hop lors du morceau Rocky Ground. Si le discours tenu par Springsteen est décapant et rageur, la musique reste foncièrement dans la tradition de ce qui a toujours constitué la marque de commerce du Boss.

Qu’à cela ne tienne, l’opus renferme son lot d’excellentes chansons, qui sans être mémorables, font facilement leur chemin dans le cortex cérébral et dans le cœur. Je pense, entre autres, à l’hymne accrocheur We Take Car Of Our Own, la ballade This Depression, le rock martial de Wrecking Ball, l’inventive Rocky Ground, l’épique Land Of Hope And Dreams et la folk irlandaise We Are Alive.

Bien sûr, il y a ce côté prêchi-prêcha qui sévit tout au long de Wrecking Ball mais la propagande libertarienne est tellement répandue et omniprésente, que cette création sert de contrebalancier à ce courant de pensée, et encore plus important, de baume aux âmes et aux cœurs de tous ces nouveaux laissés pour compte meurtris et désenchantés. Pas certain que ce soit une oeuvre historique mais Wrecking Ball est un album essentiel, en cette époque où l’individualisme crasse règne en roi et maître…

Ma note : 6,5/10

Bruce Springsteen
Wrecking Ball
Columbia Records
53 minutes

brucespringsteen.net/

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