Critiques

King Gizzard and the Lizard Wizard

Fishing for Fishies

  • ATO Records / Flightless Records
  • 2019
  • 42 minutes
7,5

Amateurs de rock, King Gizzard and the Lizard Wizard est déjà de retour ! En effet, nos hyperactifs favoris n’ont pu s’empêcher de produire un autre album, un an et demi après la naissance de quintuplés (Flying Microtonal Banana, Murder of the Universe, Sketches of Brunswick East, Polygondwanaland et Gumboot Soup). Tous ces disques ont bien sûr été généreusement récompensés par Le Canal Auditif : https://lecanalauditif.ca/chroniques/top-album-2017-25-a-1/3/

Voilà Fishing for Fishies, le 14e album studio en 7 ans pour la bande menée par Stu Mackenzie et le premier lancé par la propre maison de disques du groupe, Flightless Records.

Laissons Mackenzie lui-même nous expliquer la prémisse créative de l’album par l’entremise du magazine Voir : « On a essayé de faire un album de blues, mais les chansons se battaient contre l’idée. Ou c’était peut-être nous. En fin de compte, on a laissé les chansons nous guider cette fois-ci; on leur a laissé avoir leur propre personnalité et tailler leur propre chemin. Des voies lumineuses, des voies sombres. C’est une collection de chansons qui ont traversé des périples transformateurs profonds. »

King Gizzard and the Lizard Wizard emprunte une nouvelle direction où il plonge autant dans le jazz-rock FM « à la Steely Dan-Doobie Brothers » que dans le boogie rock à la « T. Rex-Status Quo ». Les vétérans mélomanes ne seront pas dupes. Ils identifieront assez rapidement les emprunts…

Par contre, toutes ces influences sont magnifiquement mâchées et digérées. Puisque la formation fait preuve (et pour une énième fois) d’une dextérité hors du commun, ce Fishing for Fishies se classe de nouveau dans les nombreuses réussites du septuor, même si aux premières écoutes, le fanatique pourrait être déstabilisé par la facture plus léchée de la production.

Or, nous offrons un coup de chapeau bien senti à cette réalisation limpide qui permet d’apprécier encore plus la performance musicale irréprochable des Australiens. Sans atteindre les hauts sommets des 5 précédents efforts révélés en 2017, King Gizzard and the Lizard Wizard nous propose un disque divertissant et étrangement accessible.

En plus de 3 excellents boogies (Boogieman Sam, Plastic Boogie et The Cruel Millenial), le groupe en ajoute un quatrième avec Cyboogie qui constitue le condensé parfait de tout ce qui a été entendu précédemment dans ce Fishing for Fishies. En plus d’avoir été séduit par The Bird Song (très Doobie Brothers) et par la stoner-blues Reals Not Real, les Australiens nous donnent peut-être un indice de ce qui pourrait être la suite pour eux grâce à la conclusion d’Acarine.

Dans un prochain processus créatif, si jamais King Gizzard and the Lizard Wizard poursuivait dans la même veine « électro », nous en serions rassurés, mais l’écoute de ce nouvel album, nous rend quelque peu perplexes. Malgré la pertinence de cette nouvelle création, on décèle tout de même chez le groupe une indéniable envie de plaire à un public plus large… ce qui présuppose une approche un peu plus consensuelle.

Qu’à cela ne tienne, Fishing for Fishies confirme de nouveau les immenses possibilités à la portée de Stu Mackenzie et ses accompagnateurs.

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