Critiques

King Gizzard and the Lizard Wizard

Changes

  • KLGW
  • 2022
  • 40 minutes
6

Après Ice, Death, Planets, Lungs and Mushrooms et Laminated Denim, les « Gizz » y vont de leur troisième sortie ce mois-ci intitulée Changes. Si sur le premier album susmentionné, la bande menée par Stu Mackenzie s’inspirait du jazz fusion — style musical inventé à peu de choses près par le maître Miles Davis à la fin des années 60 — sur le second, les Australiens nous ont proposé deux longues improvisations s’appuyant sur le rythme d’une horloge.

Alors, cette fois-ci, quelle est la direction musicale explorée par nos hyperactifs favoris ? King Gizzard and the Lizard Wizard nous présente sept chansons qui, de prime abord, ont été conçues en 2017 lors de la même année où le groupe avait lancé cinq longs formats. Dans l’incapacité d’achever le travail amorcé, Changes a été laissé en plan pour être finalisé cette année.

Chacune des chansons de ce 23e album en carrière a été construite autour de la même progression d’accords. En fait, le groupe alterne entre deux gammes différentes à chaque changement d’accords. Ne vous en faites pas, l’auteur de ces lignes en perd lui-même son latin ! Cela dit, chaque son et chacun des arrangements a, semble-t-il, été minutieusement réfléchi.

Dès les premières écoutes, les connaisseurs de la formation feront un parallèle évident avec l’album Sketches of Brunswick East paru en 2017. La voie sonore empruntée est jazzistique tout en demeurant entraînante. Comme le titre de l’album l’indique — et la trajectoire musicale de la formation le confirme également —, King Gizzard and the Lizard Wizard déteste viscéralement la routine. Dans la longue pièce-titre aux allures « psych-prog », Mackenzie avoue sans ambages qu’il carbure au changement :

Changes fort its own sake

Uniformity gives a bellyache

– Changes

Dans Hate Dancin’, l’ascendant de la formation Queen se fait entendre. L’approche vocale obsédante, inspirée par le meneur de la formation Tame Impala, Kevin Parker, singularise Astroturf. Le riff de guitare principal dans No Body, soufflé par la « présence » de George Harrison, plonge la pièce dans une atmosphère rétro. Gondii est influencé par le krautrock de Kraftwerk. L’ambiance brumeuse d’Exploding Suns vous donnera envie de vous rapprocher de l’être aimé et la conclusive Short Change nous rappelle à quel point les « Gizz » sont des instrumentistes de génie.

Alors, ce Changes vaut-il la peine d’y prêter l’oreille à répétition ? Plus ou moins. S’il s’imbrique parfaitement aux côtés de Ice, Death, Planets, Lungs, Mushrooms and Lava de même que Laminated Denim, ce troisième album paru ce mois-ci ne capte pas assez l’attention pour lui accorder votre précieux temps… et ce n’est pas étranger aux progressions d’accords homogènes qui caractérisent les sept morceaux de ce nouvel album et qui, malheureusement, nous égarent à de nombreuses reprises lors de l’écoute.

Une bonne main d’applaudissement pour le concept, mais le résultat, lui, nous a laissés de marbre.