Foo Fighters
Your Favorite Toy
- RCA Records / Roswell Records
- 2026
- 36 minutes
Tout le monde aime Dave Grohl. Avec raison, il est l’ultime rock star qui semble avoir gardé les pieds sur terre malgré ses imperfections. Les dernières années ont été tumultueuses entre la mort de Taylor Hawkins et le scandale d’infidélité. Si on se concentre sur la musique, la dernière fois que Foo Fighters a sorti un album passable, c’était il y a 15 ans avec Wasting Light. Le reste entre les deux a quelques bons moments, mais disons que le pilote automatique était solidement enclanché.
Peut-être que tous ces boulversements ont réveillé quelque chose chez Grohl parce qu’il revient à plus de mordant. Your Favorite Toy a été enregistré d’abord en duo avec Ilan Rubin sans click dans son studio maison sans réalisateur. C’est plutôt Oliver Roman, l’ingénieur de son du groupe, qui est crédité comme coréalisateur. Il faut dire que ne plus avoir Greg Kurstin qui tire le groupe vers la pop plate dans les parages, ça fait énormément de bien. Comme si Foo Fighters, tel un phoenix renaissait de ses cendres. Your Favorite Toy n’est pas aussi hargneux que les moments musclés de The Colour and the Shape, mais on s’en approche dangereusement. Et ça fait du bien.
Dès les premières notes de Caught in the Echo, on comprend que Dave Grohl a mangé ses épinards comme Popeye. Il se fait très agressif au micro. On a l’impression de retrouver le Dave qui nous chantait The Pretender avec puissance il y a vingt ans. Les guitares sont aussi bien présente et la basse de Nate Mendel est mélodieuse à souhait. C’est une chanson qui va sonner dans un aréna, il n’y a aucun doute à ce sujet.
La chansont-titre est aussi dans cette même veine alors que les guitares se font nerveuses sur un rythme disco punk auquel on s’abandonne volontiers. Spit Shine est aussi une pièce rutilante où Dave Grohl ne lésine pas sur l’énergie. Même avec un peu plus de langueur dans son ensemble, la dernière chanson de l’album, Asking for a Friend, rente avec bonne dose de dynamisme. La performance de Dave Grohl sur la pièce est particulièrement convaincante.
Une des choses que Foo Fighters a continué de bien faire à travers les années, c’est proposer des tons de guitares intéressants. La formation le fait une fois de plus sur les pièces plus douces de l’album. C’est vrai sur Window qui propose un peu de mélancolie et des beaux riffs. L’autre pièce qui entre dans la même catégorie est Child Actor qui mise principalement sur la mélodie vocale que propose Dave Grohl. Ça fonctionne.
Foo Fighters réussi à éviter le rock générique sur Your Favorite Toy à l’exception de la pièce If You Only Knew qui est le moment faible de ce nouvel album. Malgré les beaux tons de guitare, on ne fait pas avoir par la mélodie ordinaire et les artifices qui nous sont envoyés pour faire oublier que c’est une pièce… oubliable.
Sans embages, je le déclare : c’est le meilleur album de Foo Fighters depuis Echoes, Silence, Patience & Grace. Dave Grohl a su retrouver de la poigne en revenant à une formule plus simple pour créer. Souhaitons que ça lui serve de leçon… et qu’il ne rappelle jamais Greg Kurstin pour travailler.