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Concerts

Baby Keem au MTELUS le 31 mai 2026

Sueur, flashs de caméra, adrénaline et testostérone se mêlaient sur le parterre du MTELUS dimanche soir pour le premier des deux concerts de Baby Keem à Montréal.

Juché à la première rangée du balcon, j’avais une vue d’ensemble sur tous ces jeunes hommes (le public du parterre était presque exclusivement masculin), prêts à évacuer leur trop-plein d’énergie devant un rappeur qui allait facilement leur en donner l’occasion. Le spectacle n’avait même pas encore commencé que la tension était déjà palpable. Un moshpit aurait pu éclater même sans musique. Certains étaient déjà torse nu avant même que les lumières ne s’éteignent.

À 21 h 30, Baby Keem est monté sur scène. La foule a explosé, et son rugissement ne s’est atténué qu’une heure plus tard, lorsque le rappeur a quitté la scène et que les lumières se sont rallumées.

La soirée était énergique à souhait. Baby Keem affiche une assurance telle qu’il n’a pas besoin d’en faire des tonnes pour avoir le public dans sa poche. Il est impressionnant de voir à quel point il exerce un pouvoir de fascination sur la foule. Cela dit, comme il mise sur une présence plutôt que sur une démonstration, une certaine distance demeure. On n’a pas l’impression de mieux connaître Baby Keem après l’avoir vu en spectacle, d’autant plus qu’il échange très peu avec le public.

Son dernier album, Ca$ino, est pourtant très personnel. Le rappeur s’y livre avec une vulnérabilité souvent touchante. Or, en concert, c’est moins cet aspect qui ressort. Ici, l’important, c’est le party. Baby Keem a d’ailleurs interprété presque tout l’album, à l’exception de deux morceaux: I Am Not a Lyricist et Highway 95 Pt. 2. Deux pièces plus axées sur le texte, mais aussi deux des meilleures du disque. J’aurais aimé les entendre. L’artiste a au moins terminé la soirée avec No Blame, une pièce très intime consacrée à sa mère. C’était un beau moment, et j’en aurais pris davantage.

Cela dit, les moments les plus explosifs constituent la véritable force des spectacles de Baby Keem. Les moshpits se multiplient, dans une ambiance où la bonne humeur et la fraternité règnent. On comprend donc qu’il ait misé principalement sur ceux-ci. Chaque fois que le beat tombe, l’impact est fracassant. Il y a quelque chose d’assez jouissif dans ces décharges d’énergie collective. Et la tension qui s’accumule juste avant chacune de ces explosions est particulièrement grisante.

Au final, Baby Keem livre un spectacle sans surprise : court, mais efficace. On transpire, on ne s’ennuie pas une seconde, mais on ne ressort pas non plus avec l’impression d’avoir assisté à un concert marquant.

Crédit photo: evenko

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