Critiques

Efrim Manuel Menuck

Pissing Stars

  • Constellation Records
  • 2018
  • 41 minutes
7

Le prolifique et légendaire musicien montréalais, Efrim Menuck, est de retour en ce début d’année avec son deuxième album solo. Mieux connu comme une des forces créatives dans Godspeed You! Black Emperor et Thee Silver Mt. Zion Memorial Orchestra, il fait paraître sur Constellation Records un nouvel opus sombre et relativement minimaliste. Ce n’est pas étonnant que Menuck ait décidé de publier cet disque en mode solo. L’approche préconisée sur Pissing Stars nous fait découvrir une facette différente de l’artiste. Aucune orchestration et très peu d’instruments dits « rock conventionnel ».

Black Flags ov Thee Holy Sonne donne le ton. Après un long drone qui n’est pas sans rappeler des sonorités déjà exploitées par Sunn 0))) (mais sans les guitares et les amplis), une ligne de guitare fuzzée et lente crée la transition entre la voix de Menuck et encore plus de bidouillages sonores. Une voix d’enfant est même ajoutée dans le dernier quart afin de créer un peu de beauté au travers les boucles de bourdonnements qui créent le malaise sans toutefois percer les tympans. Non, ce n’est pas un album de Merzbow, mais les drones sont la constante sur ces neuf chansons.

Mais ce qui peut surprendre l’auditeur est la retenue dont fait preuve Menuck au niveau de la voix. Lui qui nous avait habitués a de grandes envolées nasillardes avec Mt. Zion est beaucoup plus posé sur ce projet solo. Quand il n’est pas totalement effacé, comme sur l’instrumentale The Lion-Daggers of Calais, il se permet même de manipuler sa voix comme une simple ligne de clavier sur la plus expérimentale, Hart Khashoggi.

De toute évidence, nous sommes loin d’un album rock conventionnel. Les percussions se font rares. En fait, la seule chose s’y rapprochant sont des « loops » électroniques comme sur The State and its Love and Genocide ou bien A Lamb in The Land of Payday Loans. Cette dernière étant peut-être la pièce qui se rapproche le plus d’une composition rock avec une rare mélodie vocale qui ressemble de loin à un refrain.

Pour les fans de GY!BE, Kill vs. Lies est le morceau qui s’apparente le plus au vieux matériel du collectif: une courte pièce de claviers avec une piste vocale qui récite un texte nébuleux peut rappeler certains moments sur Lift Your Skinny Fists.

Pour un album inspiré d’une histoire d’amour atypique, Efrim Menuck ne fait pas nécessairement dans la dentelle. Les fans de drone aimeront le côté ténébreux et rempli de fritures sonores. Pour ceux qui recherchent les longues chansons avec des montées épiques, ils devront se rabattre sur l’impressionnante discographie de ses deux projets principaux. Cela dit, il s’agit d’un album honnête et sans compromis. Le contraire nous aurait étonnés.

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