Critiques

Mac Miller

The Divine Feminine

  • REMember Music / Warner Bros. Records
  • 2017
  • 53 minutes
5,5

Certes l’année 2016 fut plutôt pourrie, et personne ne viendra contredire l’actualité… Pourtant on ne peut s’empêcher d’avoir un peu de nostalgie, en repensant à toutes les sorties hip-hop de l’année écoulée : Kanye West, Kendrick Lamar, A Tribe Called Quest, Chance the Rapper… Il y en a eu pour tout le monde, et Mac Miller, dont le dernier album studio datait à peine d’un an (GO:OD AM), a été aussi de la partie.

Le 16 septembre sortait The Divine Feminine, un album quasiment conceptuel pensé comme une célébration de l’amour que l’artiste de Pittsburgh porte aux femmes, ou plutôt à une seule. Car l’homme est amoureux, et ne faisons pas semblant : il n’a échappé à personne que sa compagne n’est autre qu’Ariana Grande, phénomène pop, made in USA (d’ailleurs présente sur le morceau My Favorite Part)

The Divine Feminine est un album fascinant par sa capacité à faire écho à l’actualité du hip-hop, car si la majorité des morceaux tournent avec des paroles toujours ultras romantiques, voire carrément érotico-explicites (Skin), sans grandes trouvailles, toutes les sitedemo.cauctions sont comme des rappels de tout ce que l’on a entendu dans l’année.

Depuis janvier dernier, à chaque fois qu’un album hip-hop a fonctionné, c’est qu’il s’aventurait vers des paysages soniques plus vintage. Kendrick Lamar a continué ses investigations dans le domaine du jazz avec untitled unmastered, Kanye West est reparti chercher dans le gospel certain des meilleurs moments de The Life of Pablo, et enfin Chance The Rapper a balancé une mixtape digne d’un classique soul (Coloring Book). Et Mac Miller est allé se servir dans chacune de ces sorties, comme si la clé du succès se trouvait dans l’addition des albums remarqués de l’année. Une marche à suivre peut-être stratégique, certainement pas audacieuse…

Le simple Dang qui compte sur l’apport Anderson .Paak, n’est autre que le remix en accéléré du morceau Am I Wrong qui a révélé .Paak au grand public en 2016 avec l’album Malibu. Stay est un morceau construit comme une sitedemo.cauction The Social Experiment (l’équipe de Chance The Rapper) avec un dialogue voix/trompette (ici jouée par le jazzman Keyon Harrold) et qui ressemble à peu de choses près au duo que forme Chance avec Nico Segal, trompette magique et pilier du Social Experiment. Le traitement des cuivres est identique! Après quelques morceaux assez peu originaux malgré des collaborations de premier choix (Cee Lo Green, Ty Dolla $ign), arrive la dernière piste de l’album God Is Fair, Sexy Nasty, une aventure conjointe avec le fameux Kendrick. Et pour être honnête, le morceau de huit minutes tourne plutôt comme une face-B d’untitled unmastered. Entrée de morceau type jazz piano bar, une sitedemo.cauction planante et une outro avec voix off : du pur Lamar, du pale Miller

Il faut le dire Mac Miller fait sans aucun doute le boulot. Les morceaux fonctionnent, et sont même plutôt plaisants, mais franchement dix morceaux, quasiment tous écrits comme des textos à sa copine, tout en nous refourguant un hip-hop mode vintage qu’on nous a servi toute l’année (coucou Chance, coucou Kendrick), était-ce vraiment nécessaire?

Un conseil, l’an prochain quand tu sortiras ta nouvelle galette mon cher Cormac, essaie de ne pas la sortir à la fin de l’année; qu’on n’ait pas déjà l’impression d’avoir tous entendu ton album chez tes copains du game…

Ma note: 5,5/10

Mac Miller
The Divine Feminine
Warner Bros / REMember Music
53 minutes

http://www.macmillerswebsite.com/

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