Kendrick Lamar - Untitled Unmastered - Le Canal Auditif

Kendrick Lamar – Untitled Unmastered

Kendrick LamarÇa ne fait même pas un mois que la performance remarquée de Kendrick Lamar aux Grammys est passée. Cette prestation portait les stigmates d’un engagement politique fort et clair que le rappeur a épousé sur To Pimp A Butterfly. Alors qu’on se demande ce qu’il peut encore bien faire pour nous surprendre, Lamar nous sort de nouveaux tours de son sac. Untitled Unmastered est tombé sans avertissement la semaine dernière.

Cette collection de chansons non retenues pour To Pimp A Butterfly est tout de même bien intéressante. Tout comme Midas, Kendrick est en feu et tout ce qu’il touche se transforme en or. Cependant, contrairement à son dernier album, on est devant une suite moins construite, moins achevée avec quelques moments moins enlevants. Ce n’est jamais médiocre, mais ne vous attendez pas à un album qui va changer votre vie. Au mieux, c’est un excellent compagnon à son prédécesseur.

L’album se sépare en deux parties. Les quatre premières chansons sont agressives et place Lamar dans son élément alors qu’il envoie des rimes avec une aisance peu commune. Untitled 01 rentre au poste alors que Lamar lance des mots avec la verve et la rapidité d’un Eminem, mais avec un message ancré dans les problématiques des minorités aux États-Unis. Untitled 02 possède une mélodie incroyable qui est appuyée par un jazz peu conventionnel. D’ailleurs, Thundercat est très présent à la basse sur l’album et ça paraît. Il ajoute de la belle lourdeur un peu partout avec ses doigts de magiciens. Kendrick balance quelques sarcasmes sur Untitled 03 dont: «What did the white man say?/A piece of mine’s/That’s what the white man wanted when I rhyme/Telling me that he selling me for just 10,99$/If I go platinum from rapping, I do the company fine».

La deuxième moitié se concentre autour d’expérience plus funky et proche de ce qu’on retrouvait avec King Kunta et I sur To Pimp A Butterfly. Sur Untitled 05, Lamar offre un rap appuyé et solide alors que la soul Untitled 06 ressort du lot. Une des pièces les plus achevées sur l’album. Elle compte sur l’apport vocal de Cee Lo Green. Untitled 08 est plus glauque et c’est pas mal plaisant pour les oreilles. Lamar montre à quel point il est en contrôle de son débit, varié et tissé intelligemment. Untitle 08 ferme la marche avec une pièce funky et entraînante.

Pour cet assemblage de chansons qui n’ont pas été retenues, c’est sûr qu’on est devant des petites pépites d’or quand même. Ce n’est pas To Pimp A Butterfly. Ce n’est pas aussi puissant et travaillé. T’aimes Kendrick? Tu vas raffoler. Tu ne le connais pas encore? Commence par To Pimp A Butterfly, mais après, tu vas tomber là-dedans itou et tu seras convaincu.

Ma note: 7,5/10

Kendrick Lamar
Untitled Unmastered
Top Dawg Entertainment
35 minutes

http://www.kendricklamar.com/

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