Critiques

Hundred Waters

Communicating

  • OWSLA
  • 2017
  • 48 minutes
7,5

Hundred Waters nous avait offert l’excellent The Moon Rang Like A Bell en 2014. Le groupe n’arrivait pas avec une proposition qui révolutionnait la musique, mais son mélange d’électro-pop mélodieuse, de chant pop mais légèrement chant gauche et d’un peu d’emo à la The XX était franchement réussi. L’ensemble caresse les tympans et berce les cœurs écorchés.

Que dire de Communicating? Eh bien, le groupe poursuit dans la même veine et fait encore de la pop de grande qualité qui sort parfois des sentiers battus. Il y a quelques belles petites trouvailles qui sont toujours bien accompagnées par Nicole Miglis qui semble toujours trouver le ton juste. D’ailleurs, une bonne partie du succès du groupe repose sur sa voix qui est capable de faire le pont entre pop et interprétation juste et authentique qui évite toujours de tomber dans le mielleux.

Pour illustrer sa capacité à faire des ponts, prenons la sublime Prison Guard, l’une des chansons les mieux réussies de Communicating. La trame est composée d’un piano simple, sobre, mais terriblement efficace et d’un roulement de caisse claire qui se tient toujours à la limite de l’emportement. On a constamment l’impression que ça va exploser… mais non. Ça reste en retenue. Par-dessus le tout vient s’ajouter la magnifique voix de Nicole Miglis qui est juste assez plongée dans un « ressentis » pour nous faire comprendre sa peine.

Le côté plus dansant du groupe n’est pas évacué du tout sur Communicating. Au contraire, il est célébré en beauté avec Particle et la disco Wave to Anchor. Son rythme disco n’est pas réchauffé, c’est réellement réussi et ça donne envie de se déhancher à plusieurs occasions. At Home & In My Head adopte plutôt une montée épique qui nous entraîne dans son sillon avant que tout nous abandonne aux lèvres de Miglis avant que ça reparte de plus belle.

Plus l’album avance et plus il semble que la communication se résorbe et qu’on tombe dans les pensées intimes de Miglis. La principale raison est le nombre élevé de répétitions. Better la voit se demander si elle a bien traité le sujet de la chanson. Blanket Me finit sur une répétition du titre sur une musique qui s’emporte de plus en plus. La chanson-titre de son côté se termine dans une mer de bruit bien calibrée.

C’est un successeur réussi à The Moon Rang Like A Bell pour Hundred Waters. C’est réussi du début à la fin et le groupe nous propose des compositions qui évitent les pièges du convenu et de la mièvrerie. C’est tout simplement touchant et d’une beauté bien appréciable.

Ma note: 7,5/10

Hundred Waters
Communicating
OWSLA
48 minutes

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