Hundred Waters - The Moon Rang Like A Bell - Le Canal Auditif

Hundred Waters – The Moon Rang Like A Bell

hundred-waters-moon-rang-like-a-bellAvec The Moon Rang Like a Bell, Hundred Waters offre un deuxième album fluide, sublime, auquel on reviendra, encore et encore. Le quatuor originaire de Gainesville, en Floride, est composé de Nicole Miglis à la voix, aux claviers et à la flûte (par contre, j’ai beau cherché, je ne trouve pas la flûte), de Paul Giese et de Trayer Tryon, au bidouillage et à la guitare respectivement, ainsi que de Zach Tetreault aux percussions et à la voix.

Si le groupe œuvre depuis 2011, ils ont fait paraître leur premier album en 2012 non pas une, mais bien deux fois, puisqu’ils ont été recrutés, après avoir sorti leur plaquette auprès d’une maison de disque locale (OWSLA) détenue par Sonny «Skrillex» Moore, Tim «Bitvargen» Smith, Kathryn Frazier, Blaise James et Clayton Blaha. Sont signés sur cette étiquette entre autres Blood Diamonds et I Am Legion.

The Moon Rang Like A Bell s’ouvre avec une multiplication a capella de la voix de Nicole Miglis, la chanteuse du quatuor. Suit ensuite la superbe Murmurs et sa répétition du «I wish you», soulignée par la présence d’un piano brut, sans modification. C’est cette agrégation constante du brut et du modifié, de l’écru et du teint qui parfait la signature d’Hundred Waters. Leur œuvre se confine si difficilement à un style que le média Pitchfork propose «digital folk» comme descriptif. Peut-être qu’électro-pop hallucinogène conviendrait mieux?

Coup de cœur pour la pièce Innocent et ses progressions de claviers, ses boucles de voix (ou est-ce du clavier distordu?), ses accents rythm’n’blues et surtout, surtout, sa fluidité et sa circularité. C’est cette non-linéarité de l’album, en fait son continuum, qui nous permet de l’écouter en boucle sans trop ressentir les coupures. Les passages démontrent la force d’Hundred Waters d’offrir une musique cohérente, sentie et non juste un amoncellement de simples radiophoniques. Des liens avec Iamamiwhoami, Zola Jesus et Björk sont à faire.

La douceur de Chambers (Passing Train) met la voix de Miglis en valeur, les percussions lointaines, comme en écho, nous plongent au creux d’un canyon. Avec Down From The Rafters, on poursuit l’exploration des pièces à ambiances multiples. On y entend l’écho de pas, comme si on suivait la chanteuse dans une église, alors que le clavier se fait presque orgue. Elle nous amène aux confins de nos tentations, si ce n’est à l’approche de l’épiphanie.

La deuxième moitié de l’album s’accentue en rythme, avec Animal, plus dansant, suivi par Seven Horses et Xtalk. Une multitude de remix risque de poindre sous peu pour transformer les pièces en succès pour les pistes de danse.

La finale de six minutes, No sound, clôt et relance à la fois l’album. Miglis se fait murmurante, sa flûte (ah oui! Là je l’entends bruisser) lui répond alors qu’elle nous demande «Can you hear?». Flottement, frisson.

The Moon Rang Like a Bell comporte douze pièces sans faille habilement nattées l’une à l’autre. Un album qu’on veut écouter en boucle pour découvrir chaque couche de nuances qui se superposent. À écouter en sortant les caisses de son dehors, pour regarder les aurores boréales s’accorder à la voix éthérée et légèrement rocailleuse de Miglis.

Ma note: 8/10

Hundred Waters
The Moon Rang Like a Bell
OWSLA
49 minutes

www.hundred-waters.com

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