Critiques

Chromeo

Head Over Heels

  • Atlantic Records
  • 2018
  • 44 minutes
6

Chromeo, le duo improbable de David « Dave 1 » Macklovitch et Patrick « P-Thugg » Gemayel, était de retour à la mi-juin avec un nouvel album. Head Over Heels est le 5e album de la formation. Comme bien des groupes, Chromeo est rendu à un stade où ils n’ont plus grand-chose à prouver aux mélomanes et ça s’entend sur album. Le groupe offre toujours un disco-funk dansant, mélodieux et efficace, mais la surprise n’est plus au rendez-vous.

Bad Decision pourrait très bien avoir été sur un autre album de Chromeo et n’aurait fait sourciller personne. C’est bien composé, bien exécuté, mais on ne trouve pas sur Head Over Heels une source de grande motivation. L’une des plus intéressantes est la première pièce de l’album, une collaboration avec DRAM, Must’ve Been. On y trouve du funk générique, mais franchement bien exécuté et contagieux. DRAM aide avec sa voix puissante qui rappelle les grandes voix du funk.

Chromeo a tout de même le don pour les mélodies convaincantes comme le démontre Just Friends sur laquelle Amber Mark appose sa voix. Count Me Out est un peu brodée du même tissu qui est fait de musique pop efficace, mais franchement conventionnelle. C’est un peu surprenant lorsqu’on regarde la liste des collaborateurs, le nom d’A-Trak étant un peu partout sur la galette.

Par moments, les faiblesses d’Head Over Heels se font plus criantes. À l’écoute de Slumming It qui commence comme une pièce de Daft Punk avant de devenir une pièce de disco molle à la lenteur qui met en évidence les failles dans les mélodies de Chromeo. Au moins, la rapidité et le dynamisme réussi à masquer certaines faiblesses, mais quand on nous donne autant de temps pour l’étudier, on se rend compte qu’elles sont très présentes. Don’t Sleep, une collaboration avec French Montana et Stefflon Don est une mélodie mille fois entende livrée de la même manière que les mille fois précédentes. On a rapidement envie de la passer malgré ses claviers qui nous transportent dans une autre époque.

Chromeo est un bon exécutant, mais on aimerait en avoir un peu davantage. Le duo dynamique est une paire de compositeurs talentueux qui possède une facilité dans le funk. Head Over Heels passe trop de temps dans les territoires connus de la formation et pas assez à essayer d’aller voir un peu en dehors de leur recette. Elle est bonne cette recette, mais lorsqu’on nous sert 12 fois sensiblement le même plat, on finit par avoir envie d’aller dans un autre resto. Par contre, la trame narrative de l’album est conséquente et bien construite et relate une chose assez universelle, les soucis amoureux et les problématiques relationnels. Les textes sont bien écrits, adaptés à la forme sans en avilir le contenu.

 

 

 

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