Critiques

Chilly Gonzales

A Very Chilly Christmas

  • Gentle Threat
  • 2020
  • 36 minutes
7,5

Chilly Gonzales ne fait jamais les choses comme les autres. C’est dans sa nature profonde. Ainsi, en s’attaquant à des classiques de Noël, il n’allait pas simplement nous livrer un feu roulant de chansons qui nous donnent envie de célébrer. Il allait y avoir plus de nuances. Et ça fonctionne très bien.

On retrouve, sur A Very Chilly Christmas, certaines reprises de classiques de Noël souvent empreint d’une belle sensibilité ainsi que des collaborations avec Feist et Jarvis Cocker. Disons qu’on ne peut être moins bien entouré pour créer un album du temps des fêtes.

Gonzales l’avait dit dans le premier communiqué de presse : « Noël est certes un temps de réjouissance, mais c’est aussi un moment qui est particulièrement difficile pour ceux qui sont esseulés. ». On peut penser à ceux qui se sont séparés en cours d’année ou encore les règles mises en place qui proscrivent les rassemblements. A Very Chilly Christmas vient toucher directement au cœur de ces sentiments. Les versions solennelles de Silent Night, Good King Wenceslas et Silver Bells nous donnent le ton en entrée de jeu. Au sein de ces pièces qui ne débordent pas de la joie habituelle, on retrouve aussi une interprétation au piano qui est à la fois sensible et émotive.

Sa reprise de Last Christmas est autrement plus mélancolique que celle de Wham! Par contre, il ne réussit pas complètement à évacuer le swing naturel de la composition. Lorsque le violoncelle vient ajouter son grain de sel, on reçoit enfin toute la beauté de cette version. Jingle Bells pour sa part est presque coquine avec ses notes pianotées avec caractère. On entend Chilly Gonzales sourire à travers l’enregistrement.

Parlons aussi de ces collaborations. Quand Feist vient nous chanter The Bannister Bough, c’est difficile de rester impassible. Sa voix aigüe et fragile nous rapproche de l’antre de la cheminée où un feu refuse de s’éteindre et banni de la pièce la froideur hivernale. Jarvis Cocker est tout le contraire, théâtral et grave sur In the Bleak Midwinter. Lorsque les deux voix se rencontrent sur Snow Is Falling In Manhattan (reprise de la superbe chanson de feu David Berman), on assiste à un très beau moment.

C’est tout à fait réussi pour Chilly Gonzales qui nous présente un album de Noël qui pourra rester en rotation pendant plusieurs années. Il y a quelque chose hors du temps dans la simplicité de ces interprétations. Parfois, en faire moins, c’est en faire plus.

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