Critiques

vital

Big Brave

Vital

  • Southern Lord
  • 2021
  • 39 minutes
8,5
Le meilleur de lca

On dit parfois que le temps adoucit les mœurs, panse les plaies, rend plus sage… toutes ces affirmations sont contredites par Vital, le cinquième album en carrière de la formation montréalaise BIG|BRAVE. C’est encore une fois un mur de son et la voix déchirante de Robin Wattie qui mènent la charge. Accompagné par une section rythmique d’une lenteur indéniable et qui lui confère une puissance particulière.

Abating the Incarnation of Matter ne passe pas par quatre chemins pour nous mettre dans le bain. Comme un morceau de patate glissé dans l’huile bouillante, la chanson est nerveuse, puissante et tranchée au couteau. On ne badine pas avec BIG|BRAVE. Robin Wattie nous arrache le cœur avec cette voix qui semble si désespéré de voir une situation pénible s’améliorer. Elle possède un don particulier pour nous faire ressentir une certaine douleur. Difficile de rester stoïque face à ce chant quasi tragique.

Le meilleur album depuis Au De La? Oui, sans contredit. Et c’est certainement le plus brutal. Le trio est enragé comme jamais. L’approche plus directe et dynamique de Tasy Hudson, qui a pris la relève à la batterie il y a quelques années, commence à se faire sentir. Les silences uniques au groupe sont toujours présents, mais parfois ça s’excite et les guitares bruyantes sont appuyées par des percussions qui rentrent au poste. L’excellente Half Breed est un bon exemple de cette tendance.

BIG|BRAVE a toujours été bruyant, mais cette fois-ci, les Montréalais se sont surpassés. La guitare de Matthew Ball est plus abrasive que jamais. On a l’impression que le son coince constamment. Et c’est magnifique ainsi. Of this Ilk nous offre de beaux moments de bruits délicieux pour l’oreille ; des sons qui cherchent la lumière à travers le chaos. Et de la lumière à travers le bruit, il y en a beaucoup, parce que Vital est quand même rempli d’espoir.

Avec ce cinquième album, BIG|BRAVE démontre encore une fois toute sa pertinence. Son identité sonore est unique. Robin Wattie est toujours aussi intense, Matthew Ball bruyant et Tasy Hudson dosé. Ça fonctionne vraiment.