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Critiques

Big|Brave

in grief or in hope

  • Thrill Jockey Records
  • 2026
  • 44 minutes
7,5

lord knows what’s’s in my mind
but the lord knows what is in mind
so I’ll trade this body for a piece of ease
swallow cures for quiet ease
what may be the kindest way to leave

Big|Brave arrive avec un dixième album, neuvième qui on met de côté la collaboration avec The Body. La formation de moins en moins doom métal et de plus en plus noise rock au cours des dernières années, revient un peu vers ses premiers amours sur in grief or in hope. Mais ça demeure quand même qu’on est loin de la lourdeur impressionnante de ses premiers albums. On est ailleurs et ce n’est pas plus mal.

Le plus grand changement sur in grief or in hope est l’absence totale de batterie. La section rythmique devient entièrement l’affaire de Liam Andrews de My Disco, qui s’en acquitte avec sa basse. Mais généralement parlant, c’est surtout la lourdeur qui est évacuée, musicalement, dans in grief or in hope. Big|Brave mise davantage sur les synthétiseurs bruyants et les guitares grinçantes. On en prend acte dès la pièce qui ouvre l’album : what may be the kindest way to leave. Sur celle-ci, on retrouve aussi un texte qui fend le cœur en deux. Wattie ne ménage pas les sentiments négatifs et les envoie même avec une candeur désarmante.

S’il y a eu une constante dans Big|Brave, c’est la capacité à Robin Wattie de chanter de manière déchirante. On sent l’émotion tragique sortir d’elle avec puissance. C’est touchant. Et sur in grief or in hope, la pièce qui l’illustre le mieux est a shape of shame où les climax vocaux sont impressionnants.

Big|Brave apporte de la lourdeur à travers les saturations sur ce nouvel album. C’est le cas sur la chanson-titre qui nous rentre dans les oreilles avec ses effets de distorsion alliés à un flanger bien pansu. Ça fonctionne bien, particulièrement dans des écouteurs. Verdure offre aussi des moments bien saturés sur lesquels Robin Wattie glisse quelques mots à voix basse avant que la pièce se sature encore plus.

the truth of grief lies in what is left of hope
the gravity that tethers me – I can’t help but speak
skin ripper

À travers tout l’album, on comprend que le thème prédominant est le deuil et ses étapes. Ce n’est pas clair s’il s’agit d’un deuil amoureux ou du deuil d’un proche. Dans tous les cas, il y a, dans la musique, une absence de vide. Si les paroles ne sont pas toujours là, les guitares ne veulent pas laisser de place au vide et elles le remplissent de bruit. Comme une manière de pallier ce trou laissé par l’absence. C’est encore plus touchant quand on capte cette dimension.

Est-ce qu’on s’ennuie de la batterie? En toute franchise, oui. Même si elle n’a jamais été hyperactive chez Big|Brave, l’aspect brutal des tambours ajoutait encore plus à la proposition. Ce n’est pas dramatique et ça ne plombe pas in grief or in hope, mais ça aurait pu ajouter une dimension intéressante.

Big|Brave continue sur sa lancée d’excellence avec in grief or in hope. De plus, la présence accrue de Liam Andrews semble tirer le duo de Wattie et Ball vers une plus grande présence du bruit dans leur approche et ça leur va très bien. Plus dynamique qu’en début de carrière, Big|Brave concerve tout de même un certains côté vaporeux à travers le chant de la toujours impressionnante Robin Wattie.

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