Critiques

The Atlas Moth

Coma Noir

  • Prosthetic Records
  • 2018
  • 48 minutes
6

The Atlas Moth a mis quatre années avant de revenir sur disque après le décevant exercice qu’a été The Old Believer.

Et tout porte à croire que la pause a été bénéfique aux premières écoutes du nouvel album, Coma Noir. La troupe menée par Stravos Giannapoulos y distribue de solides gifles au visage, ça oui, mais ce nouveau disque ne permet pas pour autant d’effacer l’ardoise consacrant un retour en force après un intermède ambiant et lyrique.

Ce que je veux dire, c’est que Coma Noir a de très très très électrisants moments, tandis que d’autres sont juste bof.

Mais commençons par le commencement : la première moitié de l’album.

Si avec Old Believer, The Atlas Moth a souffert de la comparaison à son essentiel album de 2011, An Ache for the Distance, le groupe s’affaire dès les premières minutes de Coma Noir à anéantir toute possible comparaison. N’y cherchez pas des crescendos et des atmosphères, The Atlas Moth a choisi en lever de rideau de nous garrocher des riffs qui martèlent alors que Stravos Giannopoulos crie des assauts écorchés.

Si le tempo ralentit et que des harmonies s’ajoutent aux refrains du quatrième morceau, The Streets of Bombay, ce n’est que pour varier les attaques et accentuer la tension inhérente aux compositions de la première moitié de Coma Noir.

Après une vingtaine de minutes, on est en droit de se demander si The Atlas Moth ne s’est pas transformé en groupe de blackened sludge, si une telle chose existe.

Mais la sauce se délie un brin à la mi-parcours, notamment avec Smiling Knife dont les couplets ont l’air tout droit sortis d’Around The Fur de Deftones. Pas que ce n’est pas bon, mais la rupture de ton dérange quelque peu. Le groupe aussi semble déranger, parce qu’il erre sur plus de cinq minutes sur le morceau suivant, Furious Gold, qui, plutôt que de nourrir le brasier, réintègre des éléments d’ambiances et de mélodies qui viennent pour de bon casser la furie de la première moitié.

Sur The Frozen Crown, la dilution se poursuit avec des riffs qui ralentissent en tempo, des transitions au synthétiseur et des voix claires. Le piétinement s’achève finalement au dernier morceau, Chloroform, sur lequel le groupe n’y fait absolument rien d’intéressant. Et comme son nom l’indique, le résultat est soporifique.

Je veux bien croire que The Atlas Moth est un monstre à deux têtes, avec deux cerveaux créatifs – Giannopoulos et David Kush – mais Coma Noir est un album incohérent et pour ça, il n’y a pas d’excuse.

Aussi, la pochette n’a juste vraiment pas rapport.