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POP Montréal 2022 : Jonathan Personne, Yocto et Hélène Barbier

Pour ce premier soir de POP Montréal, j’ai jeté mon dévolu sur le lancement de Jonathan Personne qui me permettait aussi de voir et entendre pour la première fois Yocto.

Photos par Charles-Antoine Marcotte

POP Montréal est de retour avec sa folie habituelle, ses groupes venus d’ailleurs et les curiosités qui en font un festival si charmant. Pour cette première soirée, je me suis dirigé du côté du Théâtre Fairmount qui accueillait le lancement de l’album homonyme de Jonathan Personne, paru en août, avec Yocto et Hélène Barbier en premières parties.

Hélène Barbier

Hélène Barbier

Hélène Barbier a lancé en juin dernier Regulus, son troisième album solo. L’autrice-compositrice-interprète bien connue de la scène DIY montréalaise a livré ses chansons où la basse est plus mélodique que rythmique et aux rythmes assez carrés. Le côté répétitif des chansons et le côté lo-fi donnait à la longue l’impression que les chansons ne prenaient pas leur envol. Cette retenue est à la fois difficile à avoir et en même temps, j’aurais aimé un moment donné que ça s’énerve un tout petit peu. En album, ça va, mais sur scène ça donne un peu l’impression que ça tombe à plat. Ceci étant dit, côté mélodies et livraison, Hélène Barbier et son groupe étaient tout à fait bons. Ça fonctionnait très bien.

Yocto

Yocto

Yocto est le nouveau projet de Yuki Berthiaume, Jean-Michel Coutu et Félix-Antoine Coutu qui sont tous les trois dans IDALG. Ils sont rejoints par Emmanuel Éthier et Carl Matthieu Neher. Berthiaume fait aussi partie de Jesuslesfilles en plus d’être DJ dans les bars montréalais. Ici on retrouve la Montréalaise au micro et au centre du projet, contrairement aux autres aventures musicales à ce jour. Elle a offert une prestation bien intéressante avec une approche plutôt spoken word au micro, mais avec un élan punk derrière le tout. On sent que Yuki Berthiaume cherche encore la posture à prendre sur scène. Elle ne va pas au bout de chacun des élans physiques qui naissent et qui pourraient faire d’elle une meneuse puissante. Mais bon, c’est aussi un des premiers (si ce n’est pas le premier?) du groupe. Ça fonctionne plutôt bien.

Musicalement, le groupe est plutôt dans le registre post-punk, mais on a eu droit aussi à des moments métal pendant la prestation. C’est bien intéressant et ça ouvre l’appétit pour un premier album qui devrait arriver au printemps 2023.

Jonathan Personne

Jonathan Personne

Se concentrant principalement sur les pièces de son album homonyme paru en août, Jonathan Personne a donné un généreux concert de plus d’une heure et qui flirtait avec les une heure trente. Même qu’à un moment, Emmanuel Éthier qui l’accompagnait s’est exclamé : « On n’a jamais fait un set aussi long. » Ce à quoi Jonathan Robert a répondu : « C’était la pandémie, j’en profite un peu. » Le concert s’est terminé dans une tempête vocale signée N Nao qui accompagnait l’auteur-compositeur-interprète sur scène.

Les nouvelles compositions de Jonathan Personne passent bien le test de la scène. Le fou dans l’arbre, Deux yeux au fond d’une pièce noire, Rock & roll sur ton chemin, À présent et Un homme sans visage ont toutes frappé dans le mille. Pour la dernière, Dominic Berthiaume, son collègue dans Corridor, est monté sur scène pour chanter les chœurs. Les musiciens qui l’accompagnent sont tous excellents, particulièrement le batteur Samuel Gougoux qui offre des nuances répétées dans son jeu. C’était un excellent concert que nous a livré Jonathan Personne pour ce premier soir de POP Montréal.

Crédit photo: Charles-Antoine Marcotte