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Osheaga 2022 | jour 1 : Lolo Zouaï, Pink Pantheress, King Hannah, Parcels, Turnstile, Yeah Yeah Yeahs et Arcade Fire

Entrer sur le site d’Osheaga et voir la marée de gens qui affluaient vers les concerts était une bouffée d’air frais de plus dans cet été où l’on retrouve ces grandes célébrations de la musique.

À vu d’œil, sans être à guichet fermé, cette première journée d’Osheaga était suffisamment pleine pour que ça prenne une éternité aller aux toilettes intérieures du parc Jean-Drapeau. C’est Arcade Fire qui avait la mission de lancer la 15e édition du festival montréalais et le groupe l’a fait avec brio. Ah oui, et c’était, du haut de mes 36 ans, mon premier concert d’Arcade Fire!

Crédit : Tim Snow

Début de journée ardu

La journée n’a pas commencé du bon pied ceci étant dit. Je me suis pointé pour Lolo Zouaï que je suis depuis deux ans et qui a lancé quelques bons tubes dont Caffeine. De plus, elle venait de terminer une tournée en première partie de Dua Lipa, alors je m’attendais à un concert bien rodé. Finalement, c’était un peu mou et la jeune femme était appuyée assez fortement par une trame qui doublait sa voix. Honnêtement, à aucun moment je n’ai senti que sa voix prenait le dessus réellement sur la trame. En plus, son concert s’est terminé deux chansons plus tôt en raison de problèmes techniques. Est-ce que tout ça est parce qu’elle ne s’entendait pas bien? Peut-être, mais une chose est sûre, c’était une performance à oublier qui n’arrivait pas à la cheville de la version enregistrée de ses chansons.

Crédit : Tim Snow

C’était encore pire pour Pink Pantheress. La jeune femme ne s’est même pas caché qu’elle avait mal à la gorge. Donc, elle laissait les trames faire la majeure partie du travail et ponctuait un peu. Est-ce que c’était un concert ou un listening party? Je ne suis pas sûr… Au moins, elle a une bonne présence sur scène, mais côté musical, on repassera.

Crédit : Simon White

Revenir sur le droit chemin

Je me suis dirigé par la suite vers la scène des arbres où King Hannah offrait un deuxième concert en sol québécois en une semaine après leur passage au Festif! dimanche dernier. De voir des musiciens qui jouent de leurs instruments pour la peine faisait du bien à ce point-ci. Tout comme à Baie-St-Paul, le groupe a offert un bon set où le côté rock était mis de l’avant.

Crédit : Tim Snow

Puis, Parcels est venu mettre le party dans le festival avec son rock qui emprunte au disco et au funk. On y retrouve de nombreuses références à Daft Punk (de Random Access Memories) et des harmonies vocales particulièrement réussies. Le groupe jouait tout juste après Local Natives qui sont aussi très fort dans ce domaine et il n’avait pas à être gêné de ce qu’il proposait au micro. De plus, la formation est généreuse, dynamique et leur plaisir est contagieux. Un bien bon concert.

Crédit : Tim Snow

Turnstile

Quel concert! Je pense que c’est mon favori de la journée. Turnstile fait du punk hardcore positif (il chante quand même « yeah, c’est les vacances ») a offert une solide prestation où il a donné tout ce qu’il avait. Le bassiste Franz Lyons arborait une magnifique casquette jaune fluo à l’effigie des expos. Et comment dire, c’était la deuxième chose qui flashait le plus sur lui, car il avait aussi un immense sourire dans le visage du début à la fin de la prestation.

Crédit : Tim Snow

Le groupe a joué plusieurs pièces de son populaire album Glow On paru l’an dernier, dont T.L.C. (Turnstile Love Connection), Mystery, Blackout et Underwater Boi. C’était vraiment très convaincant et si je n’ai pas encore plongé plus qu’il ne faut dans son œuvre, le groupe vient de me donner une excellente raison de le faire.

Crédit : Pat Beaudry

Une première fois pour le 15e

J’ai pu attraper la fin des Yeah Yeah Yeahs qui semblaient dans une forme resplendissante quand je suis arrivé du côté des deux grosses scènes. Karen O avait un sourire étampé dans le visage aussi à travers les quelques chansons de la fin de leur set. Le groupe a joué la populaire Maps.

Crédit : Pat Beaudry

Je n’avais jamais vu Arcade Fire en concert. Je sais, c’est étrange, mais bien que je connaisse sommairement le groupe, je n’ai jamais eu de grosse passe à n’écouter que du AF 24/7 pendant quelques mois contrairement à plusieurs de mes amis. J’étais donc fébrile à l’idée d’enfin voir si le concert était à la hauteur de leur réputation. Et il faut le dire, oui! Le groupe offre une performance rodée au quart de tour avec de beaux moments d’échanges avec la foule. Si vous avez manqué le concert d’hier, vous pouvez vous reprendre le 3 décembre prochain puisqu’un concert au Centre Bell a été annoncé!

Crédit : Pat Beaudry

Le groupe a joué de nombreuses pièces de son dernier album, WE, paru un peu plus tôt cette année en plus d’enchaîner les classiques comme The Suburbs, No Cars Go, Rebellion (Lies) et évidemment Wake Up qui était la dernière et qui s’est conclue avec Win Butler qui lance un tambourine dans le public en incitant la foule à chanter pendant que le groupe quittait la scène. Le tout était fait adroitement avec des musiciens qui sont en plein contrôle de leur art, et ce, même s’ils sont toujours en train de changer d’instruments! Voyons, à quel point t’es bonne à tous ces instruments Régine Chassagne!?

Comme c’était mon premier concert d’Arcade Fire, c’était aussi la première fois que j’entendais Chassagne chanter. Mes oreilles sont encore sous le choc. Je ne sais pas trop comment prendre ça après coup. Je veux dire, c’était beaucoup de fausses notes en peu de temps, mais au moins contrairement à Bran Van 3000, elle se livrait tout entier. Mon hypothèse c’est qu’elle a juste abdiqué sur les notes justes et se laisse aller. Il y a quelque chose de beau dans ça, sauf pour les oreilles. Ouf.

Crédit : Pat Beaudry

Outre cela, la performance était vraiment forte. Le groupe a ajouté Dan Boeckner dans le giron pour cette nouvelle tournée et le talentueux musicien y rajoute son grain de sel. Arcade Fire a notamment repris This Heart’s On Fire de Wolf Parade. L’autre addition au groupe pour la tournée est Paul Beaubrun qui est énergique comme pas un sur scène. Que ce soit sur le tam-tam, la tambourine ou encore au piano, il se promène de long en large de la scène en vrai « hype-man ». Ça fonctionne bien. J’ai été aussi impressionné de l’aplomb de Win Butler qui a non seulement une très bonne voix, mais qui est incarné sans exagérer dans son interprétation. Une bien belle façon de terminer cette première journée d’Osheaga 2022.

Crédit photo: Couverture : Pat Beaudry