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Le Festif! de Baie-St-Paul 2022 | Jour 4 : Martha Wainwright, King Hannah — une finale parfaite

Les festivals de musique, c’est bien sûr un endroit où entendre de la bonne musique, mais c’est aussi un lieu de rencontre humaine, de liesse entre amis et de création de souvenirs.

Oh que je vais en ramener des beaux souvenirs dans ma besace. En fait, j’ai même ramené deux amis dans le char entre Baie-St-Paul et Montréal. Un beau 5 heures à se remémorer la fois que telle personne a dansé avec une boîte de Moretti sur la tête, un souper entre amis à La Louve ou encore le malheur d’avoir acheté trois bouteilles de vin blanc libanais qui goûtait la vanille sans bon sens. Tous ces souvenirs ponctuent mon Festif! qui a été une grande réussite. Ça faisait longtemps que je n’étais pas venu au festival, je n’attendrai pas un autre cinq ans promis.

Je veux souligner aussi la résilience incroyable de l’équipe du festival qui a dû se battre contre vents et pluies toute la fin de semaine. C’est du gros travail monter une programmation de festival, ce l’est encore plus quand tu es constamment en train de te revirer sur un dix cennes. Si l’équipe a sûrement vécu une année d’enfer pour ce 13e Festif! (oui, le fameux 13…), les festivaliers eux, ont pu continuer d’avoir du plaisir et voir des spectacles. C’est une réussite sur toute la ligne.

Crédit : Ludovic Gauthier

Martha Wainwright

J’ai commencé ma dernière journée avec Martha Wainwright qui jouait sur la scène du quai. J’ai eu des frissons. Il y a quelque chose dans la voix de cette femme qui est particulièrement touchante. Elle a terminé sa performance en faisant une reprise d’une chanson de Tom Waits, Take It With Me, paroles à la main. Mais son interprétation était parfaite, émouvante, profonde, touchante. Pour être capable de livrer une chanson qu’on connaît peu avec autant de force et de sincérité, il faut avoir l’âme aussi profonde que les fosses des Mariannes et être assez généreuse pour nous ouvrir une crack dans la porte pour qu’on puisse observer de loin la lumière scintillante d’un cœur embrasé. C’était tout simplement magnifique de la première à la dernière note. J’ai encore des frissons en y repensant. Martha Wainwright est un joyau national et si elle a vécu des tumultes au cours des dernières années comme elle nous le disait candidement, elle a trouvé le moyen d’en faire des pépites d’or.

Elle s’est promenée tout le long de son concert entre des pièces d’elle et des reprises d’artistes qu’elle aime. Ella a notamment repris la chanson Dinner at Eight écrite par son frère Rufus Wainwright et qui porte sur la relation compliquée qu’il entretient avec son père.

Crédit : Caroline Perron

King Hannah

Puis, je me suis déplacé à la Scène Loto-Québec pour voir les Anglais de King Hannah qui venait présenter les pièces de son très bon premier album, I’m Not Sorry, I Was Just Being Me, paru plus tôt cette année. Le quatuor a livré un bon concert légèrement plus rock que la version album. On voit qu’ils en sont toujours à leurs premiers pas sur scène et le guitariste Craig Whittle qui est le chef d’orchestre de la performance musicale a une petite tendance à nous tourner le dos pendant ses solos pour communiquer avec les musiciens. C’est dommage parce que tous ses meilleurs moments à la guitare, nous les vivons en regardant son dos.

Outre cela, Hannah Merrick a une voix encore plus charmante et profonde en personne que sur album. La livraison des chansons était très bonne. Si vous avez la chance de les attraper à Osheaga la fin de semaine prochaine, je vous le recommande vivement.

Le cœur plein de beauté

Pendant que je roulais sur la 40 en direction de Montréal, je ne pouvais m’empêcher de sourire, malgré un pas pire mal de tête de lendemain de veille d’avoir eu trop de plaisir. Il y a eu tant de moments magiques, de fous rires, de conversations honnêtes et profondes, de nouvelles rencontres et de complicité pendant ce festival. Merci le Festif! de mettre la table pour ces expériences enrichissantes qui font en sorte que notre passage sur Terre mérite la peine d’être vécu à fond. On se revoit l’an prochain?

Crédit photo: Couverture : Caroline Perron