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HEAVY MONTREAL 2019 au PARC JEAN-DRAPEAU — Jour 2

Après un bon grand verre d’eau pis deux Tylenol pour déjeuner, je renfourche ma bicyclette pour passer le pont Jacques-Cartier pour la dernière journée de ce marathon infernal. À mon arrivée sur le site, c’est Mountain Dust qui est sur la scène de l’apocalypse pour offrir aux premiers arrivés son southern stoner rock bien exécuté. C’est cool, mais j’ai besoin de quelque chose d’un peu plus corsé pour me réveiller ce matin. La nuit dernière a été pas mal courte. Entre Dopethrone et une grosse cannette de boisson énergétique jaune fluo, je choisis la première option.

Bon matin, Montréal!

Dopethrone, groupe montréalais de crust-sludge, si un tel terme peut exister, est l’un des bands les plus musclés du Québec et c’était la première fois que j’assistais à un de leurs shows avec Julie Swan en tant que membre du groupe à part entière. Sa voix est assez convaincante pour appuyer celle de Vincent Houde. Entre deux riffs musclés, j’entends des gens dans la foule se plaindre que Julie manque de charisme entre les chansons et je me dis dans ma tête qu’elle n’a pas besoin de rien dire pour être imposante, elle qui ressemble à un personnage de Mad Max en raison de ses nombreux tatouages faciaux. C’est un être humain fascinant. Le bon vieux Costa de Vulgar Deli est débarqué sur la scène en fin de parcours pour pousser la note et boire toute la vodka du quatuor. Excellent spectacle !

J’ai ensuite passé sans m’arrêter devant la scène de l’apocalypse pour Beast in Black. Je n’ai pas trop compris si leur musique était censée être humoristique ou non, mais j’avais l’impression d’être devant The Darkness qui est passé du charisme rock de Justin Hawkins à celui d’un vendeur d’assurance habillé pour aller à Bicolline pendant ses vacances. Bref, je me suis sauvé assez vite.

Despised Icon prend la relève après le soft rock en cuirette, mais ce n’était pas leur meilleure performance parmi toutes celles que j’ai vues du groupe. Blâmons ça sur le soleil, qui lui, est toujours en pleine forme.

Retour devant la scène du jardin pour le spectacle de The Great Sabatini. Pour moi, il s’agit d’un des meilleurs bands de pouèle à Montréal. Ils rappellent un brin le son de Mastodon quand c’était de la bombe, mais avec un petit côté punk fâché sans être trop guttural. Bref, ça a toujours été un groupe vraiment solide et c’était encore une fois très fort.

Si tu aimes le soleil…

C’est sur la scène de la forêt qu’a eu lieu l’un des meilleurs concerts de la journée : celui de Fu Manchu. J’ai encore une fois eu la chance de pouvoir y assister sur le côté de la scène avec plusieurs amis. Il faisait chaud comme ce n’est pas possible et les quelques roux croisés étaient tous un peu cuits comme des homards. Tous bien blastés de rayons UV. Le pire d’entre eux ? Sans conteste Scott Hill, leader du quatuor présentement en action. Entre chaque chanson, il allait s’essuyer la face brûlante avec une serviette mouillée en lâchant des « Fuck ! » et des « Goddamn! » bien sentis. Ça n’a pas empêché les pionniers du stoner rock californien de nous en mettre plein la vue en enchaînant les gros succès dont Evil Eye, Godzilla et King of the Road. Tasse-toé de là Queens of the Stone Age !

J’ai peut-être trop vu Corrosion of Conformity souvent dans ma vie pour être captivé par un show avec Pepper Keenan. Je pense que je les préfère résolument en formation réduite. Ce n’est pas mauvais, mais la voix du guitariste n’a jamais vraiment fait vibrer ma corde sensible. C’est la seule raison qui explique le pourquoi du fait que je suis parti pour ne pas manquer le début du show de 3Teeth.

Le groupe industriel de Los Angeles est du genre hyperactif. Depuis leur formation en 2013, ils ont déjà lancé 3 albums (le plus récent, Metawar, est sorti le 5 juillet dernier). Alexis Mincolla est un drôle de type. Genre de mélange parfait entre Freddy Mercury et Borat, mais avec une shape de Sylvester Stallone avec des tatouages. Sur scène, il fait des genres de moves de serpents à la Axl Rose 1992 pendant que les autres membres de son groupe blastent leur mélange de Ministry, Marilyn Manson, Rammstein et Orgy. J’aime beaucoup l’aspect Ministry de leur musique, mais les mélodies sont parfois beaucoup trop difficiles à distinguer les unes des autres. Assez pour agacer.

Légendes?

Jidé a fini par nous rejoindre et nous quittons vers le devant de la scène pour le début du spectacle de Slash. Les gars niaisent en regardant distraitement la fin du show de Clutch, auquel je me suis vite désintéressé (je blâme le fait que le son n’était pas très bon de loin parce que le band est très solide), et je patiente en attendant l’arrivée de l’idole de mes 10 ans. Je traîne un gag depuis le début du weekend sur le fait que je veux me prendre en selfie en compagnie du légendaire guitariste de Guns N’ Roses. Je croise Éric de Warner et je lui demande s’il peut m’organiser cette rencontre. Il me répond qu’ils n’ont même pas réussi à avoir une entrevue téléphonique. Derrière la scène, on voit son chanteur Miles Kennedy et les autres gars génériques de son band se préparer pour le show, mais le guitariste hirsute n’est nulle part. C’est à croire qu’il se fait livrer sur scène directement dans une boîte avec sa Gibson, sa perruque pis son chapeau haut de forme. Quoi qu’il en soit, quand l’énervement de le voir arriver sur le stage est passée, on réalise vite que ce projet solo n’arrive pas à la cheville de son groupe original. Miles Kennedy a beau être 100 fois plus cute qu’Axl 2019, il n’a pas le tiers de son charisme et les chansons sont facilement oubliables. Le moment fort du show, c’est quand les musiciens attaquent Night Train de Guns. C’est tout dire. Cela nous rappelle malheureusement le fait que le compositeur principal des meilleures années de Guns, c’est Izzy Stradlin. Ce serait d’ailleurs chouette que ce dernier retourne en studio avec les autres membres originaux pour un ultime album digne de ce nom. Bref, le spectacle de Slash me donne mon premier down du weekend et je décide d’aller m’assoir pour attendre le chant du cygne de Slayer.

Je saute Anthrax parce que j’aurai sûrement l’occasion de les revoir 20 fois dans les 5 prochaines années… parce que je les ai vus au moins 8 fois dans les 10 dernières années et parce que c’est toujours le même show ou presque.

Pour une dernière fois

Si j’avais à faire une liste des groupes qui ont été les plus importants dans ma vie, Slayer aurait sans contredit une place de choix. Ils ont pratiquement été là pour soulager tous les grands bouleversements que j’ai vécus. Bon, je suis d’accord que c’est probablement bizarre pour plusieurs personnes de se faire soigner en se faisant énumérer toutes les façons les plus souffrantes de mourir (sujet qui constitue environ 95 % des paroles du groupe), mais je vous jure que ça a eu des effets thérapeutiques sur le jeune Charles endeuillé ou en peine d’amour. Écouter une toune sur quelqu’un qui se fait éviscérer par un nazi, ça te fait penser que ça va pas si pire dans ta vie au fond. Après une relation de trois ans avec une de mes blondes, je suis même allé jusqu’à m’acheter l’intégrale en vinyle de leurs disques sortis sur American Recordings en utilisant l’argent économisé pour lui acheter un manteau d’hiver en cadeau de fête. Mettons que les derniers mois de cette cohabitation ont été un brin difficiles pour elle, alors que je me réconfortais surtout avec Reign in Blood et Seasons in the Abyss, à plein volume. Tout ça pour dire, au fond, que le groupe me suit encore aujourd’hui à travers les mauvais jours. Le fait qu’ils lancent l’éponge ne changera rien à cette relation indestructible. J’aurais aimé que Slayer soit le dernier groupe du Big Four à prendre sa retraite, mais vu l’intensité de leur musique qui fait passer Megadeth et Metallica pour des mononcles, je comprends très bien. Tom Araya mérite de profiter de ses années-monsieur sur son ranch tranquille. Kerry King et Paul Bostaph vont continuer dans un autre groupe sur lequel on ne connaît pas trop les détails à ce moment-ci. Ce qui est chouette, c’est que la carrière du groupe se termine sur un beau chiffre rond pour moi. Je les aurai vus 10 fois en spectacle, sauf s’ils se reforment. C’est clair que je répondrais quand même à l’appel si c’était le cas. Si Kiss a le droit de faire 50 tournées d’adieu, Slayer aussi, bon.

En ce qui concerne le spectacle, c’en était tout un. Je ne pense pas avoir vu autant de pyrotechnie dans un show de Slayer. Il devait faire très chaud dans la face de Gary Holt, qui remplace le regretté Jeff Hanneman, à certains moments. Sinon, lors de leur faux adieu lavallois, leur setlist était légèrement différent. Ils avaient joué Dittohead (aka l’une des chansons les plus rapides du groupe) et celle-ci brillait par son absence cette fois-ci. Mais bon, à ce point-ci, le setlist n’est vraiment pas important et tout le monde s’époumone à crier SLAAAYYYEEERRR ! une dernière fois. Lors de la sortie de scène du groupe, les gens sont littéralement en feu et Tom reste longuement sur la scène, visiblement très ému par cette ultime démonstration d’amour. Partout dans la foule, les gens ont les larmes aux yeux et vivent un rare moment d’émotion rock dans la plus pure définition. Enfin, on a eu le show d’adieu que l’on méritait et non un simple concert à la Place Bell de Laval. Cette finale d’Heavy Montréal 2019 sera difficile à upstager. Ce n’était rien de moins qu’un moment historique.

Longue vie à l’héritage de Slayer, un band que personne n’arrivera jamais à remplacer.

Aperçu sur le site :

  • Un très jeune dude portant un suit de Simba dans Le Roi Lion
  • Un pauvre gars raccompagné par les ambulanciers juste avant Slash pour cause d’être ben chaud trop tôt.
  • Des milliers de t-shirts de Slayer
  • Des millions de larmes de métalleux
  • Un gars qui s’est fait éteindre sa cigarette dans la face par les gicleurs destinés à rafraîchir la foule.
  • L’infatigable rocker Vincent Peake

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