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Festival de la chanson de Tadoussac 2024 jour 3 et 4 : Mélanie Venditti, Pataugeoire, Qualité Motel, Marco Ema, Feu toute!, Elisapie, P’tit Belliveau et Malaimé Soleil.

En ce samedi, troisième journée de la 40e édition du Festival de la chanson de Tadoussac, c’est à nouveau plusieurs artistes de talent qui ont offert des parcelles de leur palette musicale. On y a notamment retrouvé les couleurs de Mélanie Venditti, Pataugeoire, Qualité Motel, Marco Ema, Feu toute!, Elisapie et P’tit Belliveau. Puis dimanche matin à la Maison des dunes de Tadoussac, le quatuor rock mélancolique Malaimé Soleil s’est livré à nous en musique avant de gentiment répondre à quelques questions le temps d’une courte entrevue.

Mélanie Venditti

C’est dans le cadre du spectacle Tour du village que Mélanie Venditti a offert une brise de son arc devant la Maison des dunes en début d’après-midi. Quelques problèmes techniques qualifiés d’amicaux ont parfois nui à sa performance, on compte le soleil et le vent parmi les enjeux, mais c’est le genre de trucs auquel on peut s’attendre quand on assiste à un spectacle à aire ouverte. En espérant qu’aucun dommage n’ait été causé à son violon et sa guitare lorsque le vent a renversé le trépied. En musique, Mélanie Venditti fut douce et organique, mais plutôt discrète. Autrement dit, je ne crois pas que c’était le lieu idéal si l’on considère que le son peinait parfois à se rendre pleinement aux tympans. Je dirais cependant que le mélange de guitare, de violon et de machines vintages porte bien la caresse de sa voix. L’intéressant côté pop atmosphérique épurée de son EP Projections est à mes yeux ce qui permet de dire que le potentiel n’était pas au sommet de sa forme.

Pataugeoire

Suite à ce premier spectacle, Pataugeoire orchestrait en solo avec sa guitare quelques pièces de son répertoire rock 2000’s près d’une vieille forge située dans une ferme où chevaux et chèvres faisaient partie des spectateurs. On peut dire que sa performance a été honnête, mais semblait parfois manquer de souffle dans la voix comme dans le reste. Certes, on connaît le talent d’Agathe Dupéré, alias Pataugeoire, mais dans ce contexte ses compositions ne m’ont pas semblé sortir du lot. Je dirais qu’au même titre que Mélanie Venditti plus tôt, il suffit d’écouter ses EP Num2Num et Party Piscine, Vol. 1 pour saisir que son projet solo en vaut l’écoute.

Qualité Motel

C’est sur la plage en plein après-midi que les membres de Qualité Motel ont offert une prestation festive et dansante. Au travers de quelques-unes de leurs compositions, ils ont remanié des chansons populaires allant de Call Me Maybe à I Think Of You de Gregory Charles. L’ambiance rappelait un heureux mélange entre Alaclair Ensemble et Clay and Friends. Sans dire que c’était bon ou non, c’était divertissant et surtout pertinent.

Marco Ema

Avec Marco Ema, on a retrouvé une belle chaleur, laquelle invitait à prendre ça relax en fin d’après-midi. Ses compositions pop folk rock aux multiples teintes et ses textes légers et efficaces comme Boys, Cool et branchée, Anyway, Mommy Love et Ceci n’est pas une chanson d’amour ont été jouées avec un aplomb détendu. Marco Ema, accompagné de Anthony Cayouette à la guitare, à la voix et au clavier, Gabriel Lapointe à la batterie et JC Tellier de DVTR à la basse, tout avait mis en place pour orchestrer avec justesse des compositions plus douces comme d’autres avec le pied dans le fond.

Feu Toute!

Ce fut toute une découverte que cette Feu Toute! à l’Auberge en début de soirée. Celle qui s’inspire sans doute et sur plusieurs points de Diane Dufresne était intéressante sur scène autant par sa présence que par ses mots, sa voix envoûtante et ses petites folies. Par là, j’avance que l’éclectisme de sa musique emmène parfois des inattendus qu’elle propose avec une énergie déjantée comme Aimeras-tu mon corps ?. On a également retrouvé son penchant groovy avec l’interprétation de Femme cellophane.

Elisapie

Dans ce seul spectacle intérieur auquel j’ai eu l’occasion d’assister en cette troisième journée du festival, plusieurs émotions ont traversé l’église dans laquelle Elisapie a offert un spectacle à l’image de ses côtés grandioses, théâtraux, orchestraux. Accompagnée d’un groupe de musiciens, elle a chanté de sa voix perçante plusieurs compositions de son plus récent projet Inuktitut dont Sinnatuumait (Dreams), Californiamut (Going to California) et Taimangalimaaq (Time After Time) en plus de compositions diverses comme Wolves Don’t Live by the Rules. Il y avait tout au long du spectacle une énergie poignante qui nous berçait tout en nous saisissant. Elisapie, au travers des chansons, en a profité pour glisser quelques récits personnels ayant influencé le choix de cet album et pour affirmer que, même si ces compositions ont été, comme elle l’a mentionnée, « volées aux blancs », il n’en demeure pas moins que l’album est ultra personnel.

P’tit Belliveau

La palme du spectacle le plus divertissant en plus de s’avérer génialement proposé de bout en bout, revient à P’tit Belliveau et son quintette de grenouilles country folk rock. Ces derniers ont donné un long spectacle dans lequel plusieurs choses se sont passées : une pause syndicale au beau milieu du spectacle, des vagues de moshpit, des festivaliers chantant à tue-tête ses compositions comme Mon drapeau Acadjonne vens d’Taiwan ainsi que des interprétations de Nickelback et de System of a Down. Autrement, plusieurs chansons de l’ensemble de son répertoire ont été performées efficacement comme Les bateaux dans la baie en plus de P’t’être qu’il a du tequila dans la brain, Feel Bonne et Comfy, lesquelles figurent sur son plus récent long jeu homonyme P’tit Belliveau.

Malaimé Soleil

En cette dernière journée de la 40e édition du Festival de la chanson de Tadoussac, le groupe rock Malaimé Soleil a été mandaté de joué à la Maison des dunes à 9h du matin. Pensant qu’il n’y aurait qu’une quinzaine de personnes, les membres du groupe ont finalement été bien surpris par la présence d’une grande poignée de gens. Au plus fort « du plus gros été de leur vie » et de leur long jeu Tempête, ces derniers nous ont réveillés avec une douceur psychédélique qui ne cessait de montrer les côtés plus rythmés de leurs compositions. Le quatuor a démontré que leur musique planante peut nous emmener dans tous les sens et que leur palette sonore se déploie à merveille en spectacle. On y aura notamment retrouvé la calme Mots comme l’accrocheuse Coin-Coin, la vibrante Monotonie ainsi que les énergiques Pansement et Démons. Le grain de voix du chanteur Francis Leclerc, mélangé aux autres textures bien maîtrisées des instrumentistes de Malaimé Soleil, en vaut un long détour!

Voilà qui termine la couverture du Festival de la chanson de Tadoussac 2024. Merci! On se revoit l’an prochain.

Crédit photo: Cloé Gagné

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