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An Evening with Steven Wilson — 20 avril 2018

Le roi incontesté de l’univers prog s’arrêtait au Palais Montcalm le temps d’une soirée riche en émotions. Un public hétéroclite, mais homogénéisé par sa passion pour Wilson, se préparait pour un concert qu’ils se souviendront pendant bien des années.

Dès la fermeture des lumières, l’énorme toile qui occupe toute la scène s’allume. Une voix profonde informe la salle que la courte projection qui suivra sert à informer le groupe sur les opinions du public. Leur réaction fournira les réponses. Des images douces, passionnées, troublantes, violentes, percutantes défilent de plus en plus rapidement. Les mots : vérité, amour, passion, opinion (vous voyez le genre) sont apposés en énorme caractère. Plus les images défilent de façons effrénées, plus les mots associés suscitent le malaise. À un mendiant est apposé le mot indifférence. Et arrivent les musiciens.

Wilson apparaît, habillé de son traditionnel jeans/t-shirt, les pieds dénudés. Nowhere Now, deuxième chanson de son dernier album, ouvre le bal. La foule est conquise à la fois par le visuel, qui rappelle les projections psychédéliques de Porcupine Tree, et par la musique rendue à la perfection par la salle du Palais Montcalm. C’est lorsque l’on écoute une chanson aussi densément chargée que le constat de la qualité musicale, grandement bonifiée par la longue restauration qu’a subie la salle, est frappant.

On sent Wilson à l’aise, énergique et en contrôle. La chimie entre lui et ses musiciens est impeccable. Seul petit point négatif, il n’a pu amener Nina Tayeb, la talentueuse chanteuse de ses derniers disques, sur scène lors de cette tournée. Le public se réjouit par contre de l’énorme projection de la cantatrice au moment de son duo avec Wilson. Le rythme s’accélère avec Pariah, puis il s’accélère encore avec Home Invasion. L’intensité des solos carabinés, des riffs métal et des délires progressifs nous transporte. Puis, surprise, une chanson de Porcupine Tree, The Creator Has a Mastertape. Merci, encore s’il vous plaît !

Après quelques titres de son dernier album arrive l’entracte et une ovation monstre d’une minute. On recommence. Quoi ? Une autre chanson de Porcupine Tree (Arriving Somewhere, But Not Here) !?!. La foule est en délire. Petit moment cocasse, il fait lever la foule pour danser sur Permeating. Le temps d’une chanson, nous assistons à un concert de Maroon 5. Les lumières arc-en-ciel et les étoiles, la totale.

Il tient le public dans sa paume. Les minutes passent, mais ne se ressemblent pas. Tout y passe à notre grand bonheur. Des titres de ses vieux albums et une sélection quasi parfaite de Porcupine Tree. Nous avons même eu droit à une version solo de Even Less. Les fans les plus anciens en ont pour leur argent. Je passe outre quelques remarques déplacées du chanteur anglais sur la formule assise du concert. Rien pour gâcher notre expérience.

Un spectacle de Steven Wilson est un moment magique. Ne vous privez pas de moments comme ceux-ci, ils sont si rares. Nous avons vu un artiste qui va au bout de son délire. Une ambiance audiovisuelle qui comble les sens, qui comble le cerveau et qui comble le cœur. Nul doute qu’il sera de retour, la question est plutôt de savoir, y serez-vous ?

1 commentaire

  1. Gagné, le 2018-04-23 à 15:22

    J’y étais à Montreal ( Olympia) et j’ endosse complètement votre compte rendu .
    Soirée extraordinaire et ce même si je ne suis pas un inconditionnel de monsieur Wilson .
    Vraiment impressionnant. Des soirs comme ceux-là, ça nous laisse croire que le bonheur existe….

    Gagné .

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