Olivia Rodrigo
you seem pretty sad for a girl so in love
- Geffen Records
- 2026
- 51 minutes
Olivia Rodrigo s’est taillée une place de choix dans le cœur des amateurs de pop avec raison : elle sait écrire de bonnes compositions. Au delà de ses talents d’écriture, la jeune femme a aussi un goût prononcé pour la bonne musique, comme le démontre son amitié avec Robert Smith et les nombreuses influences rock qui viennent colorer son troisième album.
Malgré ses 23 ans, Olivia Rodrigo démontre une grande maturité dans ses choix. Si c’est de la pop radiophonique faite pour conquérir les masses, il est difficile de résister à ce qu’elle propose. C’est mauditement bien écrit. stupid song est un parfait exemple de ses qualités. Elle peint d’abord une situation de base qui sert de canevas à sa montée. La pièce commence doucement en voix-piano, puis prend du corps avec des cordes qui viennent appuyer sa montée vocale. Puis, ça part avec une énergie-pop-rock plutôt déposée sur laquelle, Rodrigo redescend un peu avant de monter dans un climax émotif doublé par une maîtrise exemplaire de sa voix. C’est impressionnant. Et ce qu’elle fait de manière admirable techniquement ne vient pas enlever de l’émotion à sa proposition. Son interprétation est tout simplement convaincante.
Les tribulations des amoureux adolescents et de jeunes adultes prennent une place de choix sur you seem pretty sad for a girl so in love. On y retrouve autant le côté attendrissant de la fille en amour sur u + me = <3 qui se voit continuer pour toujours une relation en faisant fi du temps et des vagues qui peuvent venir peupler le parcours d’un couple. C’est cute. Et je n’écris pas ça de manière ironique, ça prend un peu d’attitudes ingénues pour faire du monde une meilleure place, pis avec album plein d’amour, Rodrigo en fait partie.
Mais tout n’est pas rose dans le monde des amours de jeunesse, oh que nenni. Ça paraît sur l’excellente the cure qui est clairement une référence aux Smashing Pumpkins à l’époque de Mellon Collie and the Infinite Sadness. Olivia Rodrigo y donne une fois de plus une performance exemplaire. Son ami, Robert Smith, vient la rejoindre pour un duo sur what’s wrong with me, une pièce plutôt efficace. Du rock plus synthétique vient faire son tour sur expectations. On retrouve un peu plus de rock dynamique sur my way qui est un des nombreux exemples où Rodrigo joue avec des filtres sur sa voix, mais c’est toujours de manières nuancées et stylistiques. On sent toujours la réelle puissance derrière le tout qui surprend.
À quelques moments, Rodrigo glisse dans la balade et s’en sort bien. C’est le cas sur less qui, malgré sa simplicité, évite de tomber dans le mélodrame ou dans une proposition qu’on a entendue à répétition par le passé. C’est une formule éprouvée, c’est sûr, mais Rodrigo réussi tout de même à tirer son épingle du jeu.
C’est un album convaincant de grosse pop fédératrice qu’offre Olivia Rodrigo. Sa manière de s’approprier les formules éprouvées et les tourner à sa main est impressionnante. On se fait happer par ses montées vocales puissantes et pour côté ingénu et cute de l’album.