Festival Musique du Bout du Monde 2026 | Jour 2 : Alysha Brilla + Grèn Sémé + Rau_Ze + Les Louanges + Fovelle
En collaboration avec le Regroupement des festivals régionaux artistiques indépendants (REFRAIN), Le Canal Auditif ouvre sa plateforme à la relève journalistique par le biais du programme Horizons, qui permet à des étudiants en journalisme et en communication de plonger dans le monde des festivals en couvrant les événements sur le terrain. Aujourd’hui, Vittoria Caputo parle de la deuxième soirée au Festival Musique du Bout du Monde.
La deuxième soirée du Festival Musique du Bout du Monde a été particulièrement chargée en musique québécoise. Avec Les Louanges, Rau_Ze et Fovelle au programme, les amateurs de la scène émergente québécoise avaient de quoi se réjouir. À cela se sont ajoutés les univers d’Alysha Brilla et de Grèn Sémé, qui ont permis aux festivaliers de voyager bien au-delà des frontières du Québec. Retour sur une soirée où la foule, l’énergie et les émotions étaient au rendez-vous.

Les Louanges fait vibrer le chapiteau
Avec trois albums à son actif, Les Louanges compte également trois passages à Gaspé. Cette année, le jeune artiste, dont la popularité ne cesse de grandir, s’est produit sur la scène Hydro-Québec, sous le chapiteau Harbour. Le spectacle affichait complet et il fallait fouiller jusque dans les recoins d’Internet pour espérer trouver un billet.
Les Louanges est venu présenter son plus récent album, Alouette!. Avant même son entrée sur scène, la chanson-titre résonnait déjà sous le chapiteau, faisant monter l’impatience du public. L’artiste a ensuite fait son entrée en force avec Je confirme ma présence, avant d’enchaîner avec d’autres titres marquants, comme Correct et La journée va être chaude.
Avec Alouette!, Les Louanges aborde notamment l’identité culturelle québécoise et porte un véritable cri du cœur de sa génération. L’album avait d’ailleurs été promu par plusieurs conseils étudiants de cégeps à travers le Québec. Si l’objectif des Louanges était de rejoindre sa génération avec des sujets qui la touchent, mission accomplie. Le spectacle en était la preuve.
Dans la foule, ça dansait, ça formait des mosh pits, mais surtout, ça chantait les paroles de chaque chanson. Bien que le principal public des Louanges semble avoir moins de 35 ans, plusieurs festivaliers un peu plus âgés se sont également joints à la fête.

Un univers presque surréaliste avec Rau_Ze
Juste avant Les Louanges, le duo d’auteurs-compositeurs-interprètes composé de Rose Perron et Félix Paul, accompagné de ses musiciens, a offert un spectacle complètement différent, mais tout aussi marquant.
Rose Perron était au centre de la scène, entourée de brouillard. L’éclairage laissait à peine entrevoir ses traits et, pendant les deux premières chansons, seule sa silhouette se dessinait dans la brume.
Cette ambiance, combinée à la puissance vocale de la chanteuse, au talent et au contrôle de ses musiciens ainsi qu’à l’alchimie qui régnait sur scène, rendait le spectacle tout simplement sublime. Je dois d’ailleurs avouer avoir été particulièrement impressionnée chaque fois que Rose Perron atteignait une note aiguë en s’éloignant du micro. Sa voix continuait pourtant de résonner avec une puissance étonnante, comme si le micro n’était même plus nécessaire.
Rau_Ze a notamment interprété Summer Sets, L’habitude et plusieurs autres pièces de son répertoire. La performance a d’ailleurs suffisamment impressionné Les Louanges pour que celui-ci souligne à plusieurs reprises le talent du duo et de ses musiciens pendant son propre spectacle.

Alysha Brilla : quand la musique nous transporte ailleurs
La journée avait commencé avec un spectacle plus intime d’Alysha Brilla, venue l’Ontario. La prestation devait se dérouler au sommet du mont Béchervaise, mais un bris du télésiège a finalement forcé son déplacement à l’Auditorium du Cégep de la Gaspésie et des Îles.
Ce changement de dernière minute en a déçu plusieurs, puisque les spectacles présentés au sommet du mont Béchervaise comptent parmi les moments forts de chaque édition. Alysha Brilla a toutefois peut-être réussi à faire changer d’idée les plus déçus : pas besoin d’une vue magnifique pour rendre la musique magnifique. Il suffit parfois d’un groupe venu de l’Ontario pour transporter le public ailleurs.
Dès le début de son spectacle, Alysha a clairement fait comprendre que tout le monde était le bienvenu à se joindre à elle, même les bébés qui pleurent. Le public pouvait chanter avec elle et participer pleinement à la fête.
C’est d’ailleurs cette impression d’unité qui s’est dégagée tout au long de sa prestation. Alysha faisait régulièrement participer le public, notamment en lui apprenant les refrains de ses chansons. Elle abordait également des thèmes dans lesquels tout le monde pouvait se reconnaître, comme dans 200 Trees, permettant aux festivaliers de se retrouver dans ses paroles, peu importe leur âge ou leur parcours.
À la fin de sa prestation, elle a d’ailleurs fait monter cinq jeunes danseuses du public sur scène pour participer au spectacle, rappelant que « la musique nous unit ».
Bien qu’elle soit originaire de l’Ontario, Alysha s’est adressée à plusieurs reprises au public en français. Même si certains passages étaient parfois difficiles à comprendre, ses efforts ont été chaleureusement accueillis. Elle est même allée jusqu’à chanter en français le refrain de sa chanson Jenna : « Jenna, je suis amoureuse de toi ».
Nous, on est amoureux de toi, Alysha!
Et de l’amour, il y en avait aussi sur scène entre les trois artistes, qui se connaissent depuis 15 ans. La chanteuse a souligné à plusieurs reprises le talent de ses musiciens. De l’alchimie entre eux, il n’en manquait certainement pas.

Fovelle et Grèn Sémé : deux univers, une même envie de danser
La force du FMBM, c’est aussi la diversité musicale de sa programmation. Grèn Sémé et Fovelle en sont de fiers exemples, proposant deux univers complètement différents qui ont pourtant réussi à faire bouger les festivaliers.
Originaire de l’île de La Réunion, Grèn Sémé a présenté les textes engagés de Carlo de Sacco, principalement en créole, dans un mélange de maloya, d’électro et de pop africaine. Portée par les rythmes ternaires de l’océan Indien, notamment le maloya, le séga et le salegy, la musique du groupe a rapidement donné envie aux festivaliers de danser. Présenté gratuitement dans la rue de la Reine, le spectacle a transformé le centre-ville en véritable piste de danse.
Fovelle, quant à lui, a terminé la soirée en force au Brise-Bise. Puisant dans l’électro française et la pop funky des années 1980, l’artiste propose une musique dansante, accrocheuse et audacieuse.
La deuxième journée du Festival Musique du Bout du Monde aura, une fois de plus, permis aux festivaliers de découvrir des artistes venus d’ici et d’ailleurs, en passant par le Québec, l’Ontario et jusqu’à l’île de La Réunion. Et le festival est loin d’avoir dit son dernier mot. La programmation se poursuit samedi avec notamment Jeanne Côté, Kelly Bado et KIZABA.
Crédit photo: Alexya Crôteau-Grégoire