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Concerts

Osheaga 2026 | Jour 1 : Geese + The XX + Blood Orange + Wolf Alice + Wunderhorse + The Neighbourhood + JID + Yaosobi + Bob Moses + Rio Kosta + Super Plage

C’est parti pour Osheaga! Cette première journée mettait les Anglais à l’avant-plan, alors que le soleil tapait sur la plaine des jeux.

Avec la contribution de Nadine Mathurin
Photos par Claudia Guillemette

Je suis arrivé au Parc Jean-Drapeau un peu plus tard que ce que je voulais. Heureusement, la collègue Nadine était déjà sur place pour attraper notamment le concert de Super Plage. Retour sur des concerts où la connivence était de mise et sur quelques groupes génériques étaient glissés entre le tout.

Super Plage

Nadine Mathrin : Rien de mieux que de commencer cette fin de semaine de festival avec Super Plage, projet musical de Jules Henry, qui allie un électro joyeux et des rythmes dansants parfaits pour l’été. Accompagné de Marie-Anne Tessier (alias Moissonneuse-batteuse) et Ariane Brunet (alias L’Isle), le trio était particulièrement en forme, encourageant la foule à bouger et interagissant entre toutes les chansons. On a eu droit à une invitée spéciale, l’éternelle collaboratrice de Super Plage, Virginie B, qui joue d’ailleurs ce samedi durant le festival. Jules nous a expliqué qu’ils n’étaient pas habitués à faire d’aussi grosses scènes, mais qu’ils y prenaient goût, et nous aurions envie de dire que nous aussi, on y a pris goût! Une opportunité de rappeler à Osheaga que la musique est universelle et que les artistes locaux devraient être plus mis en valeur, alors que tous les festivaliers sur place ont apprécié.  

Rio Kosta

Nadine Mathurin : Rio Kosta suivait tout de suite après, poursuivant l’ambiance d’été avec leur musique aux influences caribéennes, rappelant parfois Khruangbin, d’autres fois Jungle dont ils assureront la première partie à la Place Bell en septembre prochain (on vous le dit tout de suite, c’est un fit parfait). Énergiques, rythmés, heureux d’être là, Mike del RIO et KOSTA Galanopoulos (et…. voilà! Vous venez de comprendre le nom de leur projet!) mêlent les genres et donnent l’impression qu’on est à Woodstock, version 1969, pas celui de 1994!

Wunderhorse

J’ai attrapé la fin de Wunderhorse à mon arrivée. Ce n’est pas rien, le groupe a été sacré meilleur groupe de 2025 par le magazine Rolling Stones au Royaume-Uni. J’avais tout de même des attentes puisque leur album Golden Touch avait été encensé par la critique. J’ai trouvé le tout sympathique sans plus. C’est de l’indie-rock comme il s’en fait beaucoup.

Wolf Alice

Wolf Alice

Je m’en voulais encore d’avoir manqué le passage de Wolf Alice au Théâtre Beanfield en septembre dernier. C’est le collègue Siméon qui avait couvert le tout. J’aime la formation de ses albums plus brute en début de carrière à la pop-rock plus délicate de l’excellent The Clearing. D’ailleurs, ce sont principalement des pièces issues de cet album que le groupe nous a balancé en commençant avec Bloom Baby Bloom et White Horses en début de concert. La performance a pris un tournant plus rock avec Yuk Foo et Play the Greatest Hits alors qu’Ellie Rowsell a démontré qu’elle a encore du chien à revendre. Le groupe autour d’elle est solide, mais c’est difficile de passer sous silence sa performance vocale ultra-solide. C’était tout à fait convaincant.

Wet Leg

Wet Leg

J’avais été un peu déçu du passage de Wet Leg au MTELUS en septembre dernier. J’avais trouvé particulièrement que Rhian Teasdale avait de la misère avec sa voix. Ce n’était pas le cas hier à Osheaga. Le groupe a offert une excellente performance qui m’a réconforté avec eux en concert. Lançant le tout avec catch these fists, le groupe anglais n’a pas pris beaucoup de pauses à travers son set à moitié composé de chansons de Moisturizer et de leur album homonyme. Teasdale joue encore beaucoup sur le rôle de femme fatale, mais j’ai surtout trouvé qu’Hester Chambers était plus présente cette fois-ci. À mon grand plaisir. Teasdale, qui pouvait une Modelo à la paille, m’a aussi fait mentir sur sa voix en envoyant, accompagné de la foule, le plus long cri pendant Ur Mom. Un moment de connivence entre la scène et le public qui était tout à fait le bienvenu. Le groupe a terminé sa prestation avec un trio de choc : Chaise Longue, CPR et mangetout. Rien à redire, c’était une excellente performance.

Blood Orange

Blood Orange

Même si la pluie n’était pas annoncée comme dimanche, il s’est mis à nous pleuvoir sur la tête à la fin de la performance de Wet Leg. Je suis allé me mettre à l’abri pour écouter Devonté Hynes, qui a lancé Essex Honey en 2025. Surprenamment, sa performance ne s’est pas particulièrement concentrée sur celui-ci, passant plutôt à travers de son répertoire. Blood Orange a tout de même offert une Somewhere in Between bien réussie. À ses côtés, les deux chanteurs offraient un complément efficace à la voix de Hynes. Charcoal Baby de Negro Swan a été un de mes moments préférés.

The Neighbourhood

Par la suite, c’est The Neighbourhood qui a pris la scène, un groupe de rock alternatif américain. Honnêtement, ce n’était pas vargeux. Le groupe offre un rock générique de radio commerciale qui manque cruellement d’inventivité. Que le groupe soit placé entre Blood Orange et The XX rajoute au gouffre qu’on sent dans la qualité des compositions. Par contre, la formation a livré le tout avec conviction, mis à part le chanteur Jesse Rutherford, qui mâchait une gomme en chantant. Ça donne un peu l’idée du personnage. La révolte par le je-m’en-foutisme de façade. Bref, je n’ai pas été convaincu du tout.

Bob Moses

Nadine Mathurin : Bob Moses a livré une performance impeccable à la Scène de la Forêt. Le duo, accompagné d’un bassiste et d’un drummeur, était rodé au quart de tour et on se dit qu’il aurait pu être programmé plus tard en soirée, ou sur une plus grande scène, tellement les éclairages et les projections étaient impressionnants. Variant entre des pièces tirées de leurs 11 années de carrière, Tom Howie et Jimmy Valence ont donné un son beaucoup plus organique à leurs morceaux (merci aux vrais instruments sur scène!), ce qui rend les compositions parfois plus rock, mais toujours aussi dansantes. 

The XX

The XX

S’il y a une chose qui a ressorti de leur performance, c’est bien la chaleur et l’amitié entre les membres, et ce, même s’ils étaient tous vêtus de noir. Romy Madley, Oliver Sim et Jamie xx ont l’air d’être heureux de se retrouver pour la tournée. Trois mois après leur premier concert, le trio semble encore aussi heureux, se faisant des calins à quelques occasions pendant le concert. The XX a offert principalement misé sur des pièces de son premier album, intercalant quelques chansons de Coexist et I See You en plus de pièces de leur répertoire solo respectif. Les pièces en solo sont tout de même jouées à trois pour la plupart, mais ça donne un moment plus concentré sur l’un des membres. On constate aussi que Romy a pris de l’assurance avec sa tournée en solo. Elle est beaucoup plus énergique que par le passé.

Le groupe a commencé en force avec Crystalised, qui a suscité du chant du public de manière instantanée. Leur dispositif scénique, qui était d’abord très sobre pour la première moitié de concert, a pris une tout autre envergure lorsque Jamie xx a envoyé Loud Places et que le moment dansant du concert s’est entamé. La grande croix qui était au-dessus des musiciens a commencé à envoyer de la lumière évoquant le club plutôt que la scène. C’était une performance bien construite et bien dosée qui passait à travers toutes les couleurs de ce groupe qui se présente en monochrome. Vivement un quatrième album!

YOASOBI

Nadine Mathurin : Difficile de trouver une foule plus enthousiaste que celle rassemblée devant la scène de la Vallée pour entendre le superduo japonais YOASOBI. Comment décrire, alors, ce projet musical unissant le producteur de vocaloid Ayase et l’auteure-compositrice-interprète Ikura? D’abord, on dirait imagé: leur scène est totalement encombrée par un genre (?) de vaisseau ultra coloré, mais qui ressemble à la face d’un chat déformé (faut le voir pour comprendre, on imagine!). Ensuite, YOASOBI s’est fait connaître pour s’inspirer de romans publiés sur un média social japonais et sur des histoires de mangas, ralliant ainsi deux formes d’art ultrapopulaire au Japon. Leur musique se résume à ce qu’on retrouve de plus classique au pays du Soleil levant: un pop-rock hyper nerveux et quelques envolées rythmiques faisant réagir la foule à tous coups!

JID

JID

J’ai traversé de l’autre bord à temps pour attraper la fin de la performance de JID. Le rappeur se débrouille bien avec son flow habile et ses capacités à livrer. Le problème, c’est que des clichés viennent assombrir le portrait. Il y a la vulgarité inutile qui ne sert rien et le fait que lorsqu’il se trompe, il abandonne tout simplement la pièce. Tu sais, quand tu te fais payer des dizaines de milliers (si ce n’est pas dans les six chiffres), mais que tu ne répètes pas assez. C’est dommage parce que, quand ça se passe bien, JID était franchement convaincant.

Geese

Geese

On ne se contera pas de menteries, le concert qu’on attendait le plus était la première venue de Geese depuis la sortie de l’excellent Getting Killed l’an dernier. Le quatuor a offert une très bonne performance qui a misé d’abord et avant tout sur les pièces de celui-ci et qui a glissé quelques titres de 3D Country. C’est parti en lion avec Husbands avant de poursuivre avec la chanson-titre de l’album. À mi-chemin de 2122, le groupe arrête généralement pour faire un numéro avec une pièce de l’endroit où il joue. Cette fois-ci, à travers le cellulaire de Cameron Winter, on a entendu Hallelujah de Leonard Cohen et le public ne s’est pas fait prier pour entonner la pièce. Un beau moment.

Il y a quelque chose de très professionnel chez Geese : c’est bien rendu et les musiciens sont au rendez-vous. Particulièrement la guitariste Emily Green et son jeu de guitare absolument fabuleux. Cameron Winter a pris la parole avant Gravity Blues, expliquant que les membres avaient de nombreuses qualités, mais celle de construire un set dans les temps, n’en était pas un. Deux chansons plus tard, Winter s’est rendu compte qu’il avait encore du temps. En riant, il s’est expliqué : « Je pensais qu’il nous restait 5 minutes, mais on en a 20! » Par la suite, Geese s’est lancé dans l’enchaînement de Bow Down, Taxes et Trinidad, une solide fin de concert.

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