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Concerts

Festival International de Jazz de Montréal 2026 | Goat + Atsuko Chiba

Le Festival international de Jazz de Montréal se terminait de belle manière hier soir avec la venue de Goat à Montréal pour la première fois de leur existence.

C’était une visite qui était attendue depuis très longtemps! En fait, depuis la sortie de l’excellent World Music en 2012. 14 ans plus tard et après la sortie de six albums, le groupe masqué suédois était enfin de passage à Montréal au MTELUS dans le cadre du Festival international de Jazz de Montréal.

Exactement ce à quoi je m’attendais

Je ne sais pas s’il y a meilleure façon de décrire un concert de Goat. Quand on connait la formation un tant soit peu, on peut s’imaginer ce que ça donne sur scène et c’est précisément ce qu’il a livré. Masqués, les membres sont entrés sur scène. D’abord, le groupe d’hommes qui joue des instruments plus conventionnels du rock, puis le joueur de djembé et, après que les premières notes de One More Death se soient fait entendre, les deux chanteuses / percussionnistes sont entrées à la suite affublée de leur grand masque qui leur donne une allure impressionnante.

Le groupe s’est lancé dans une bonne heure et quart, si ce n’est une heure trente, de musique tripative avec certains des plus grands succès de la formation, dont Goatfuzz et Golden Dawn. La formation étire un peu les chansons dans des jams musicaux pour la plupart enlevant. Il faut avoir du respect pour le joueur de djembé qui se donne comme ce n’est pas possible à son tambour accroupi à l’avant-scène. D’ailleurs, le groupe joue avec intensité. À partir du dernier tiers de la performance, le batteur avait besoin de faire des étirements entre les pièces, comme pour chasser une douleur ou une raideur musculaire. Il faut dire que la formation ne fait pas beaucoup de concerts : c’était leur deuxième de 2026 et 2025 n’a pas été beaucoup plus faste avec 7 concerts. C’est donc une réelle chance de les voir à Montréal.

Faire ses 7 000 pas recommandés par le médecin

Les deux chanteuses et percussionnistes sont beaucoup pour le spectacle, puisqu’elles se démènent pendant tout le concert. Elles courent d’un bout à l’autre de la scène, haranguent la foule, dansent avec intensité et clament les paroles avec une énergie impressionnante. L’une des deux a aussi passé quelques moments derrière un clavier pour remplacer des instruments qui n’étaient pas présents, comme une flûte ou un saxophone. Puis, il y a le reste des musiciens qui font des solos, qui se donnent pour nous offrir une solide prestation. Le groupe voyageait léger. Il n’y a que le bassiste qui a un cabinet de hauts parleurs, les deux guitaristes jouent avec des amplis conventionnels. Ça n’a pas empêché la formation de sonner comme une tonne de brique pendant son concert.

Goat a terminé le concert avec des succès : Goatman, Let it Burn, Gatherine of Ancient Tribes ont mis la table pour un Run to Your Mama tout à fait réussi. Ça dansait dans le MTELUS, qui n’affichait pas complet et même qui n’était rempli qu’aux deux tiers. Visiblement, la bonne nouvelle ne s’est pas encore rendue dans suffisamment de ménage, mais quel concert!

Crédit : Benoit Rousseau

Une première partie sur mesure

C’était un bon coup de la programmation de mettre Atsuko Chiba en première partie. Le groupe montréalais a suffisamment de liens d’affinités avec ce que Goat propose, même si on n’est pas tout à fait à la même place. Ça faisait quelque temps que je n’avais pas vu la formation sur scène et je dois dire que le groupe a pris du galon. Atsuko Chiba a surtout proposé des pièces de ses deux derniers albums : Water, It Feels Like Growing et l’homonyme paru plus tôt cette année.

La chose qui m’a marqué, c’est notamment la présence scénique de Karmi Lakhdar, qui a pris de la confiance et qui était très incarné sur scène. C’est particulièrement apparemment dans les moments où il délaisse ses synthés pour se donner entièrement au micro. Parmi les bons moments du groupe, l’enfilade Retention, qui devient très bruyante pour se déverser dans la pièce Water, It Feels Like Growing a donné un beau moment. Les projections qui accompagnaient le groupe ajoutaient aussi un bel habillage à la performance.

Une bien belle manière de clôturer un excellent FIJM qui a été marqué par le phénomène Angine de Poitrine qui a congestionné le centre-ville, Father John Misty, qui a offert un excellent concert, St. Vincent et son orchestre et Patrick Watson, qui a livré une belle lettre d’amour à Montréal. On se revoit l’an prochain.

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