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Concerts

Festival international de Jazz de Montréal 2026 : Dominique Fils-Aimé + Angine de Poitrine

Une mer de festivaliers s’était rassemblée sur la Place des Festivals et dans toutes les rues adjacentes pour voir le phénomène québécois de l’heure sur scène : Angine de Poitrine.

Photos par Charles-Antoine Marcotte

Après avoir fricoté avec l’Europe dans les dernières semaines et avant d’aller faire un aller-retour à Niigata au Japon à la fin juillet, Angine de Poitrine venait vivre sa consécration sur la Place des Festivals. Et consécration, il y a eu.

« L’an passé, il jouait devant 2000 personnes à ce même festival, aujourd’hui, le centre-ville de Montréal est sold-out », a lancé Maurin Auxéméry avec un sourire immense alors qu’il accueillait Angine de Poitrine sur la scène des festivals devant une foule immense qui refoulait sur plusieurs centaines de mètres sur la rue Sainte-Catherine.

Angine de Poitrine

Angine de Poitrine

Essentiellement le même choix de chansons qu’en avril dernier au Club Soda, les deux extra-terrestres de Chicoutimi ont offert une performance digne de ce nom. Devant une foule qui a fait revoler des dés et qui a fait flotter des drapeaux du Québec aux couleurs de la formation. Le groupe a démontré une fois de plus tout son savoir-faire avec panache. Les triangles étaient haut dans les airs pour leur entrée sur scène, et ce, jusqu’à la Sainte-Catherine.

Parmi les petites différences, entre la performance au Club Soda et celle-ci, le groupe a inversé Yor Zarad et Angor pour débuter avec cette dernière. De plus, le groupe a retiré UTZP de sa liste pour ce concert. Yor Zarad était particulièrement lourde pour l’occasion et a mis le feu sur la Place des festivals. D’ailleurs, en général, je ne sais pas si c’est l’effet des haut-parleurs de la Place des Festivals, mais le groupe était un peu plus bruyant que par le passé, comme s’il avait pris du muscle. Ça paraissait pendant Ababa Hotel, où les projections de hot-dogs étaient nombreuses et toutes plus délicieuses les unes que les autres.

Angine de Poitrine

Parmi les bons coups de la soirée, il y a le moment d’interactions avec la foule pendant Tamebsz, qui a duré de bonnes minutes. Puis, les mains des spectateurs qui ont tapé à l’unisson pendant Mata Zyklek étaient impressionnantes. L’autre moment surprenant, il y a eu une fête de célébrée et, même si mon de Poitrine n’est pas pas encore tout à fluent, je me doute que c’est pour le fameux Sébastien de Fabienk. La pièce a suivi les hommages et a fait danser la foule abondamment.

Verdict : Angine de Poitrine a atteint un nouveau sommet en égalisant la foule pour Stevie Wonder en 2009. Rarement a-t-on vu des groupes qui réussissent à rassembler autant de mélomanes autour de leur proposition. C’est un tour de force bien d’ici.

Dominique Fils-Aimé

Domnique Fils-Aimé

Après quelques dates au printemps au Canada et en Europe, Dominique Fils-Aimé présentait son concert pour son album My World Is the Sun au Théâtre Maisonneuve. Le tout a commencé avec la voix de sa mère, la même qu’on entend en intro de l’album paru en février dernier. D’ailleurs la présence de Claudette Thomas s’est fait sentir à plusieurs moments pendant le concert. Dominique Fils-Aimé a même partagé des pépites de sagesse de celle-ci, notamment : « La paix, ce n’est pas quelque chose qu’on trouve, c’est quelque chose qu’on crée. » Maman Thomas a entièrement raison et on devrait l’écouter. Dominique Fils-Aimé était aussi entourée de son groupe qu’elle a présenté dès les premières chansons : Harvey Bien-Aimée (batterie), David Osei Afrifa (claviers), Hichem Khalfa (trompette), Elli Miller Maboungou (percussions), Etienne Miousse (guitare) et Danny Trudeau (basse).

Se promenant allègrement dans son répertoire, Dominique Fils-Aimé a démontré encore la force de sa voix et le feu qui l’anime. Un feu qui prend naissance non dans le chaos, mais plutôt dans un grand bonheur qui l’habite depuis qu’elle exerce ce métier. Si elle est retournée dans le passé, comme avec There Is Probably a Fire, le tout a été tout de même adapté pour mieux se fondre aux nouvelles pièces des pièces. De manière assez surprenante, il y a un côté latin qui se dégage des chansons de The Sun Is My World, surtout en raison de l’excellent batteur Harvey Bien-Aimé, qui était polyvalent à souhait dans ses variations. En fait, l’ensemble du groupe était absolument incroyable à ses instruments. Chacun a brillé à un moment ou un autre avec des solos endiablés.

Par contre, sans contredit, la vedette était Dominique Fils-Aimé, qui exultait et qui, fidèle à son habitude, plongeait entièrement dans ses pièces. Si ça se peut, j’ai l’impression que Dominique Fils-Aimé contrôle encore mieux son instrument aujourd’hui qu’à la sortie de Nameless en 2018. Elle est tout simplement impressionnante.

Une grande soirée du Festivals International de Jazz de Montréal qu’on racontera comme la fois que Bran Van 3000 avait rempli la rue Sainte-Catherine au début des années 2000 ou encore la fois où les Cowboys Fringants avaient trop rempli les Francos. Vivement la musique d’ici!

Crédit photo: Charles-Antoine Marcotte

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