Whitney - Light Upon The Lake - Le Canal Auditif

Whitney – Light Upon The Lake

WhitneyVous vous souvenez de la formation Smith Westerns? En 2014, après trois albums que bon nombre de hipsters ont adorés, la formation prenait le bord. La cause? Le départ de Max Kakacek, l’un des meneurs du groupe. Celui-ci n’a pas perdu trop de temps, car lors de la même année, il s’est adjoint les services du batteur Julien Ehrlich (Unknown Mortal Orchestra) afin de former Whitney… et c’est Ehrlich qui est le principal chanteur de ce nouveau groupe. Début 2015, le duo rameute un paquet de musiciens, donne une trentaine de concerts dans la région de Chicago et fait appel aux services de Jonathan Rado (Foxygen) afin de réaliser leur premier album.

Et le résultat fut révélé au tout début de juin dernier avec Light Upon The Lake. Et ça sonne comment Whitney? Exactement comme tous les artistes mentionnés dans le premier paragraphe: une mixture parfaite de Smith Westerns, Foxygen et un je-ne-sais-quoi de l’ex-formation Girls menée à l’époque par Christopher Owens. Pour vous donner une petite idée, Whitney propose un soft-folk rock duveteux aux influences seventies manifestes. Une basse ronde, de subtils arrangements de cordes et de cuivres, une voix haute perchée et un petit penchant «soul» font de ce Light Upon The Lake un disque estival parfait.

Un bon nombre de journalistes musicaux branchés ont flippé littéralement sur cette production. Malheureusement, même si j’ai somme toute apprécié le travail de ces jeunots, je ne fais pas partie des inconditionnels de la formation. Les chansons coulent de source, instaurant une atmosphère de «coolitude» insouciante assez captivante, mais à la fin de l’été, on aura tous oublié ce Light Upon The Lake.

En ce début de ce chaud été à venir, je dois admettre que la sortie de cette production survient au bon moment et devrait séduire le minuscule hipster qui sommeille chez certains d’entre vous. C’est enjoué, insouciant, ensoleillé et cette création a du «soul» à revendre grâce à ces moments «cuivrés» qui se révèlent subtilement tout au long de l’album. Whitney garde un pied dans le passé et l’autre dans une certaine modernité. Pas de doute, c’est un bon premier jet, mais de là à s’extasier démesurément, il y a un pas que je n’ai pas envie de franchir.

Les moments intéressants? Les cordes/cuivres dans No Woman, le petit côté country rock de Dave’s Song, le folk dépouillé Light Upon The Lake, le penchant rock sudiste évoqué dans No Matter Where We Go ainsi que la pianistique/jazzistique Red Moon.

Mais je me dois d’être honnête avec vous chers lecteurs. À moins d’une énorme surprise, dans quelques années, Whitney devrait aller rejoindre ses nombreux semblables qui font salle comble dans la catégorie «trois petits tours et puis s’en vont». Il n’y a aucune raison actuellement de bouder son plaisir, mais disons que Whitney pourrait ne durer que le temps d’une chanson. Mémorable? Non. Ben correct? Oui.

Ma note: 7/10

Whitney
Light Upon The Lake
Secretly Canadian
30 minutes

https://www.facebook.com/whitneychicago/

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