Villagers - {Awayland} - Le Canal Auditif

Villagers – {Awayland}

Villagers - AwaylandLe groupe de folk-pop irlandais nommé Villagers, mené par le talentueux songwriter Conor O’Brien, lançait en début d’année son deuxième opus intitulé {Awayland}. Le précédent effort paru en 2010, Becoming A Jackal, avait reçu un accueil dithyrambique de la part de la presse spécialisée, de même qu’une nomination au très convoité prix Mercury; l’équivalent britannique du Polaris canadien. Voilà que la version américaine de {Awayland} a été mise sur le marché la semaine dernière… et Le Canal Auditif ne pouvait passer à côté de cette importante parution.

Si Becoming A Jackal se caractérisait par un folk-pop assez puriste, mais diablement stimulé par une écriture chansonnière et littéraire de qualité supérieure, {Awayland} se définit par des compostions tout aussi opérantes; à la différence que les hymnes folk conçus par O’Brien sont largement bonifiés de superbes bidouillages électroniques, d’une section rythmique en béton, d’une réalisation brillante, et bien entendu, d’une interprétation du principal maestro, digne d’un vétéran du genre musical.

La démarche artistique n’est pas toujours exempte d’ambition et de préciosité, mais nous sommes forcés d’admettre que Conor O’Brien est bel et bien un talent transcendant. Par ailleurs, un parallèle est aisément traçable entre lui et Conor Oberst, (l’homme derrière Bright Eyes) mais en version sonore plus accessible et moins mélancolique. Sans aucun doute, O’Brien représente l’un des plus intéressants troubadours lettrés de sa génération; un raconteur d’histoires hors norme.

Donc, l’auditeur avide de sonorités folk bien ficelées se retrouvera en terrain connu. Au menu, des ritournelles magnifiquement édifiées, des mélodies électrisantes, des instruments à vent, de ravissantes cordes, du vibraphone et des éléments électroniques habilement saupoudrés, l’ensemble couronné de cette voix remémorant parfois Oberst, et à d’autres occasions Mike Scott des Waterboys.

Une litanie d’imposants morceaux vient mettre en lumière les évidentes aptitudes d’auteur-compositeur-interprète d’O’Brien. Nous nous sommes délectés de la dépouillée My Lighthouse, des éléments électros dans The Waves, de l’accessible et rock Judgment Call, de la pop pianistique Nothing Arrived, du touchant intermède {Awayland}, du lent crescendo culminant en climax sonore dans Passing A Message, de la très Bright Eyes titrée Grateful Song, de l’émouvante ballade In A Newfound Land You Are Free et finalement de la captivante Rhythm Composer. Deux en deux pour Villagers!

O’Brien voulait créer un album concret, positif et radieux. De ce point de vue, c’est complètement réussi! Cette mixture de folk, de rock et de pop se veut intemporelle, désarmante, capable autant de soulever les montagnes que de consoler le plus meurtri des hommes. Les amoureux de folk amalgamant des ascendants allant de Prefab Sprout à Bright Eyes, en passant par les Waterboys seront comblés. Nous ne pouvons rien exiger de plus à Villagers. Un incontournable!

Ma note : 7,5/10

Villagers
Awayland
Domino Records
43 minutes

www.wearevillagers.com

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