Torche - Restarter - Le Canal Auditif

Torche – Restarter

Torche - RestarterEnfin, un nouveau Torche! Le quatuor floridien revient avec une suite attendue à Harmonicraft, pesante charge de «power-sludge» que j’ai écoutée de manière abusive pendant les mois d’été de 2012. Attendu ce Restarter donc, parce qu’au final son prédécesseur n’a pas surmonté l’épreuve du temps. J’ai rapidement délaissé Harmonicraft, revenant qu’épisodiquement à la décisive Reverse Inverted. Le côté plus punk, voire même carré, de ce gravé ont fini par me lasser. Je souhaitais un retour au colossal Meanderthal (2008), album qui a défini le standard de la méthode Torche: un puissant sludge mélodique, percussif et accrocheur.

Vous comprendrez qu’à l’annonce d’un nouveau disque, nommé de surcroît Restarter, je me disais que les gars du groupe avaient peut-être reçu le mémo! Lorsque Minions et Annihilation Affair sont ensuite coulés dans les Internets, je m’emballe de plus belle pour ce qui pourrait être ce fameux retour aux proverbiales sources.

En fait, j’avais à demi-raison. Car il y a de bons moments sur Restarter – de gros moments même – mais il manque toujours cette touche pop qui a si bien profité à Torche auparavant. Parce qu’à force de tout jouer «gaz au fond», les passes les plus costaudes finissent toujours par se fondre dans cette charge percussive uniforme. Même le chant hymnique de Steve Brooks ne parvient pas à racheter cette impression de «pareil au même».

Au final, la moitié des dix titres de Restarter font 2:30 ou moins, une durée clairement insuffisante pour permettre à Torche de s’exprimer. Ces chansons, sans être mauvaises, tombent à plat parce qu’elles emprisonnent le groupe dans une rigide structure carrée et répétitive. Mais cette impression s’estompe avec No Servants, septième morceau, avec son larsen de plus d’une minute et son tempo ralenti et hop, on raccroche comme un poulamon en début de saison de pêche blanche…

On restera d’ailleurs captivé jusqu’à la fin du disque, après les huit minutes de la pièce titre, parfaite et brutale conclusion à un album un peu tiède.

Deux mentions spéciales:
 a) La splendide pochette de l’album 
b) La réalisation béton de Kurt Ballou, architecte du son (et peut-être aussi de la réputation) de Torche.

Ma note: 6,5/10

Torche

Restarter
Relapse Records
38 minutes

http://www.torchemusic.com

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