The Pains Of Being Pure At Heart - Days Of Abandon - Le Canal Auditif

The Pains Of Being Pure At Heart – Days Of Abandon

pains_days_of_abandon_541_541La formation new-yorkaise nommée The Pains Of Being Pure At Heart est de retour avec une troisième offrande réalisée par Andy Savours (My Bloody Valentine, Sigur Ros, The Kills) titrée Days Of Abandon. Le groupe avait fait paraître en 2011 l’album Belong qui fut généralement bien reçu par la plupart des journalistes musicaux, mais qui, de notre côté, nous avait laissés passablement de marbre. TPOBPAH s’inspire directement de la noise-pop shoegazienne britannique, évoquant souvent The Smiths, mais à d’autres moments, les Smashing Pumpkins.

Voilà que survient un Days Of Abandon qui laisse poindre un groupe passablement assagi laissant en plan les salves de distorsion que votre humble serviteur appréciait tant. Un peu comme les légendaires Smiths le faisaient à l’époque, TPOBPAH propose des textes introspectifs et maussades sur une musique pop, parfois noisy, somme toute hop-la-vie… mais n’est pas The Smiths qui veut!

Malgré une réalisation beaucoup plus lustrée que les précédents efforts, le songwriting préconisé par la formation est mélodiquement rectiligne et puisque les structures chansonnières sont assez élémentaires, on a tendance à flirter sérieusement avec une certaine lassitude. Au menu? Des guitares nettement moins décapantes (qui permettaient de camoufler quelque peu la faiblesse de certaines ritournelles), un penchant pop accentué légitimant l’accessibilité au dénominateur commun ainsi que l’incursion de quelques rythmes synthétiques bien à la mode.

Le vétéran mélomane qui posera ses oreilles sur cette conception sonore ne sera pas dupé par l’esthétique sonore offerte par TPOBPAH, car il aura dans les oreilles un quasi-copier-coller de ce qui paraissait à l’époque sur le label Rough Trade. Il y a bien quelques éléments dits plus «contemporains», mais en toute franchise, c’est assez passéiste. Malgré tout, ça demeure tout à fait comestible, car le groupe réussit à captiver grâce à quelques refrains opérants. Ici, on pense à Beautiful You, à l’explosive Eurydice ainsi qu’à l’éthéré Coral And Gold.

En contrepartie, TPOBPAH y va d’un pastiche complet des Smiths sur deux morceaux: Kelly et Masokissed… c’en est presque gênant et ce n’est pas les mièvres mélodies prodiguées qui viennent sauver la mise, tant s’en faut. On comprend parfaitement l’importance des ascendants musicaux sur la musique de certains créateurs, mais parfois, on a l’impression d’assister à un retour vers le futur à l’écoute de ce Days Of Abandon! Même contrefaçon, pour la convenable Until The Sun Explodes dont la progression d’accord est un calque parfait de Friday, I’m In Love des Cure. Ce manque d’originalité est venu agacer sérieusement votre scribe bougonneur préféré!

Néanmoins, cette production récolte de justesse la note de passage grâce aux quelques dynamiques pièces qui surviennent çà et là, tout au long de ce Days Of Abandon… mais rien qui vaille les dithyrambes grandement exagérés que TPOBPAH récolte de la part de nombreux médias branchés nord-américains. Pour citer un certain comédien québécois: «C’est correct, sans plus!»

Ma note : 6/10

The Pains Of Being Pure At Heart
Days Of Abandon
Fierce Panda
35 minutes

thepainsofbeingpureatheart.com

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