The I Don't Cares - Wild Stab - Le Canal Auditif

The I Don’t Cares – Wild Stab

The I Don't CaresEn plus de garder mes goûts musicaux à jour, ce webzine musical me permet aussi de rappeler à tous qu’il se faisait de l’excellente musique bien avant l’avènement de Ty Segall et autres consorts du rock crasseux/poteux. Cela dit, j’ai le plus grand des respects pour l’un des derniers vrais porte-étendards d’un rock créatif joué sans compromis, à fond la caisse. Dans la catégorie «rock stonien», pas mal plus «stonien» que les Stones eux-mêmes, la formation états-unienne The Replacements ne donnait pas sa place au début des années 80.

Mené à l’époque par l’excellent songwriter Paul Westerberg, les Replacements avaient repris du service, il n’y a pas si longtemps, en faisant la tournée de différents festivals… probablement pour renflouer les coffres. L’aventure s’est terminée abruptement. Pas étonnant, car ces vieux rockers physiquement défraîchis ne pouvaient pas se blairer à l’époque. Imaginez aujourd’hui!

Puisque Westerberg a repris goût au rock ’n’ roll, il a fouillé dans ses voûtes créatives et s’est associé à une autre pointure millésimée du rock américain: Juliana Hatfield. L’hiver dernier, la dame avait lancé Whatever, My Love avec son trio habituel: The Juliana Hatfield Three. Une création assez soporifique qu’on a tôt fait d’oublier… Fouillant machinalement dans les dédales infinis du Web, je suis tombé par hasard sur ce Wild Stab et paru sous l’appellation The I Don’t Cares en janvier dernier.

C’est avec une certaine appréhension que j’ai prêté l’oreille à cette production. À ma grande surprise, ce Wild Stab fait franchement le travail. Pourquoi? Parce que c’est un disque conçu sans aucune prétention, sans autre ambition que d’avoir du gros fun sale. C’est immédiat, relâché, lo-fi et ceux qui vénèrent comme moi le rock chambranlant et délicatement crotté seront pleinement satisfaits… comme si les Stones avalaient une bonne rasade de punk rock vieille école.

Wild Stab propose des chansons qui vont droit au but et qui donnent envie de s’enfiler deux ou trois shooters de Jack Daniel’s derrière la cravate. On pense ici aux Supersuckers, à Lydia Loveless, aux incontournables Stones, aux New York Dolls, etc. Bien entendu, c’est passé complètement inaperçu et ça ne vendra assurément pas autant qu’un album de Tame Impala, mais pour les indécrottables rockers, ce disque est une agréable surprise. Si le duo persiste, en y mettant un peu plus d’effort et d’attention, The I Don’t Cares pourrait nous faire triper encore plus lors d’un prochain épisode. Sans blague.

Parmi les joyaux suggérés par l’ami Westerberg, on a fléchi pour les Wear Me Out Loud, Dance To The Fight, Need The Guys, Love Out Loud et Done Done Done. Parmi les faiblards, on souligne deux pièces situées à mi-parcours dans lesquelles Juliana Hatfield monopolise l’attention: Kissing Break et Just A Phase. Un peu mince. Un peu mièvre.

Bref, pour ceux qui apprécient le rock pur et dur, sans fioriture et ponctué de quelques moments folk rock appropriés, vous serez bien servis par The I Don’t Cares; un tandem qui fait ce qui lui plaît sans attendre quoi que ce soit en retour. N’est-ce pas magnifique? Hâte d’entendre la suite, si suite, il y a!

Ma note: 7,5/10

The I Don’t Cares
Wild Stab
Dry Wood
52 minutes

http://www.paulwesterberg.com/tag/i-dont-cares/

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