The Gaslight Anthem - Get Hurt - Le Canal Auditif

The Gaslight Anthem – Get Hurt

gaslightanthem-gethurt-packshotÀ pareille date, il y a de cela deux ans, paraissait Handwritten de la formation nommée The Gaslight Anthem que votre grincheux scribe avait formellement vilipendé. Le groupe, résident au New Jersey, récidivait la semaine dernière avec Get Hurt, disque réalisé par Mike Crossey. Sur Handwritten, le groupe avait mis au rancart la petite inclination Clash/Replacements, propulsant ainsi l’aspect springsteenien de leur musique à un niveau inégalé; un disque pompeux et ampoulé.

Cette fois-ci, The Gaslight Anthem bifurque vers des sonorités catégoriquement matures et se dissocie fermement de l’aveuglant ascendant du Boss. Donc, zéro sonorité punkisante et zéro Springsteen! Que reste-t-il de nos amours? Pas grand-chose, à vrai dire. Concrètement, on se retrouve devant un groupe sans identité propre offrant des ritournelles racoleuses et monotones portant sur la rupture amoureuse du meneur Brian Fallon.

Encore une fois, votre vieux radoteur vous répétera ad nauseam la même chose… Lorsqu’un artiste (ou un groupe) veut exprimer la douleur éprouvée suite à une séparation pénible, il doit s’assurer d’y mettre toute la gomme en écrivant des chansons cathartiques de haut niveau qui chavirent empiriquement, quitte à terminer le travail les deux genoux dans la boue, à bout de souffle; l’exemple persuasif de l’année musicale en cours est sans contredit le plus récent Sharon Van Etten. Sur ce plan, ce Get Hurt est un monstrueux navet!

Musicalement, The Gaslight Anthem présente des chansons faussement fédératrices/linéaires qui peinent à s’élever. Les claviers dits «adulte contemporain» issus des eighties côtoient les refrains gonflés à l’hélium mille fois entendus et qui nous font dire que la bande à Fallon se transforme irrémédiablement en une sorte de Bon Jovi des temps modernes. Bref, un très très mauvais disque!

On a fourni un effort auditif de tous les instants afin de dénicher la perle rare de ce Get Hurt, mais ce fut peine perdue. Ce disque mérite le pire des châtiments. Lequel? Il ira s’affaisser lamentablement aux côtés du Ghost Stories de nos chers Coldplay. Parmi les ratages remarquables, on a pris un plaisir quasi masochiste à entendre le folk grand-père Break Your Heart, les inflexions vocales très Matt Berninger (The National) prodiguées sur Stay Vicious, le très exécrable riff annihilant 1,000 Years, la ballade sirupeuse Get Hurt ainsi que la Bon Jovi-esque titrée Stray Paper et j’en passe.

Voilà le modèle impeccable d’un groupe qui a perdu entièrement sa route et qui est foncièrement prisonnier de son écriture chansonnière dont la qualité frise le néant. Pas d’inspiration, pas de feu sacré, aucun désir de dépassement, on peut affirmer sans sourciller que The Gaslight Anthem a déjà atteint ses limites créatives. Quel disque exécrable!

Ma note: 2,5/10

The Gaslight Anthem
Get Hurt
Virgin/EMI
42 minutes

www.thegaslightanthem.com

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