The Dead Weather - Dodge And Burn - Le Canal Auditif

The Dead Weather – Dodge And Burn

The Dead WeatherDodge And Burn est le troisième opus du supergroupe The Dead Weather. Bref rappel des faits: le combo rassemble la transcendante Alison Mosshart (The Kills), Dean Fertita (Queens Of the Stone Age), Jack Lawrence (The Raconteurs) et Jack White (tsé?!). Le quatuor réaffirme ici sa proposition «adulte contemporaine» teintée de garage, de psychédélisme et d’alternatif bluesy.

Mais avant de poursuivre, réglons quelque chose d’emblée. La seule raison d’écouter les Dead Weather, c’est pour le charisme, la voix, l’attitude et le «swag» gluant d’Alison Mosshart. Qu’on se comprenne bien: The Dead Weather est un prétexte pour entendre la chanteuse s’exprimer dans d’autres registres que celui qui a fait la renommée des Kills.

Permettez-moi d’être plus clair encore. On n’écoute surtout pas The Dead Weather pour l’apport de Jack White. Les pièces qu’ils chantent sont toutes sauf exception (sur les trois albums) médiocres et vous conviendrez que dans la même mesure où on n’écoutait pas les White Stripes pour les talents de percussionniste de Meg White, on pourrait en dire tout autant pour le bon Jack qui s’exerce également ici derrière les tambours.

D’ailleurs, c’est quand même tout un exploit que le projet le plus régulier de Jack White, depuis la fin des White Stripes en 2011, en soit un dans lequel son rôle est plus effacé. Ses albums solos laissent le mélomane lucide mi-figue mi-raisin et là où les efforts des Raconteurs sont convaincants, il en relève du talent de Patrick Keeler. Mais pourtant, on ne tarit pas d’éloge pour le grand Jack White, l’adulé, le «guitar god», le songwriter, le puriste, l’intègre.

Jack White, un punk de Detroit qui a révolutionné l’indie-rock par son indécrottable éthique garage/DIY, est aujourd’hui perçu comme le sauveur de l’Americana et comme un artisan «born and raised» au Tennessee… c’est quand même curieux.

Fin de l’aparté. Je me sens mieux.

Bref. Ça sonne comment ce Dodge And Burn? Ça sonne comme ça devrait sonner. Du bon rock bien rétro avec une Alison Mosshart bien en voix. Mais l’exercice est plutôt terne. Faut-il encore le rappeler dans le cas des supergroupes: une grosse production ne peut pallier un horaire de studio comprimé par des agendas remplis. Comme l’ajout d’échos dans la voix de Mosshart ne peut la faire sonner sexy comme sur les albums des Kills. À ce niveau, j’ajoute que le recours systématique à un même procédé stylistique accentue cette impression de déjà entendu de l’auditeur.

Au rayon des mauvaises idées maintenant, cet horrible rap de Jack White sur Three Dollar Hat, pièce sur laquelle il ne parvient pas à dissimuler qu’il est en train de pasticher (ou profaner, c’est selon) l’immense Stager Lee du grand Nick Cave.

Mais plus globalement, c’est pas très bon quand White chante… jusqu’à ce que Mosshart l’appuie en harmonie ou en énergie. Elle sauve d’ailleurs la note sur Three Dollar Hat avec un refrain bien senti.

Bref, c’est correct ce Dodge And Burn, mais ça reste un album ordinaire. Malgré Alison Mosshart.

P.-S. Vous remarquerez que le bassiste, Jack Lawrence, ressemble à s’y méprendre à Skrillex, mais avec pas de «side-shave».

MA NOTE: 6/10

The Dead Weather
Dodge And Burn
Third Man Records
43 minutes

http://www.thedeadweather.com

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