Smashing Pumpkins - Monuments To An Elegy - Le Canal Auditif

Smashing Pumpkins – Monuments To An Elegy

Smashing Pumpkins - Monuments To An ElegyAprès un temps des Fêtes que l’on qualifierait de routinier, votre «prétentieux» scribe (clin d’oeil à La Brute du Rock!) est de retour avec une première critique pour 2015. Pour ce faire, il a fallu plonger nos oreilles dans un disque paru en décembre dernier et il s’agit du plus récent Smashing Pumpkins titré Monuments To An Elegy. Réalisé conjointement par le non moins vaniteux Billy Corgan et son acolyte Howard Willing, l’unique rescapé, et meneur incontesté de l’ancienne mouture de nos chères citrouilles écrabouillées, y va avec le deuxième chapitre d’une trilogie nommée Teargarden By Kaleidyscope. En juin 2012, Corgan avait fait paraître le premier tome, Oceania, que votre chialeux préféré avait plus ou moins méprisé…

Fait à noter, notre Billy a fait appel à Tommy Lee (Mötley Crüe) derrière les fûts. Ce sera Brad Wilk (Rage Against The Machine, Black Sabbath) qui accompagnera le chauve musicien dans ses aventures live. Coulé sensiblement dans le même moule que le précédent effort, Corgan ajoute à son rock très nineties quelques claviers superflus qui amenuisent grandement la puissance abrasive des chansons de ce disque. On respecte Smashing Pumpkins quand Corgan y va de morceaux épiques comme par exemple la jubilatoire United States parue sur Zeitgeist en 2007. Sur cette tentative-ci, Corgan se contente d’aligner les ritournelles pop-rock décapantes qui sont somme toute efficaces, mais qui après quelques écoutes ennuient plus qu’elles ne stimulent.

Si on nivelle par le bas, on peut affirmer que cette création dépasse d’une tête Oceania, mais puisque cette conception sonore se rangeait dans la catégorie «bibelot musical», ce Monuments To An Elegy ne passera assurément pas à l’histoire… quoi qu’en pense notre Billy national! Tout au long des auditions, une impression de redite et de conformisme créatif nous a accompagnés, comme si Billy Corgan était incapable de sortir de sa zone de confort. Ça donne un album de hard-rock linéaire, peu inventif, affaibli par ces sonorités électros mille fois entendues et plombées par des mélodies un peu gauches.

Malgré tout, quelques pièces se démarquent du lot. On pense à la conclusive Anti-Hero ainsi qu’à l’excellent riff de One And All… mais c’est à peu près tout! Curieusement, ce disque ne constitue pas nécessairement un navet indigeste. Cependant, le narcissique Corgan n’atteint pas les standards qu’il s’impose lui-même et prouve une nouvelle fois qu’il est un artiste totalement surévalué.

Si Billy Corgan se comportait avec l’humilité d’un Eddie Vedder (pour y aller de comparables issus de la même époque), on pourrait être un peu plus indulgent à l’endroit du résident de Chicago, mais puisque notre homme aime bien penser qu’il a révolutionné à lui seul l’histoire du rock, il est très difficile de faire abstraction des velléités de Beige Billy (merci Jean-Simon Fabien!) lorsque vient le temps de jauger un album de Smashing Pumpkins. Possible que les fans apprécient, mais en ce qui nous concerne, on devra se taper la dernière partie de cette trilogie à venir en 2015… Juste y penser nous donne envie de nous réfugier immédiatement dans les bras de Morphée!

Ma note: 4,5/10

Smashing Pumpkins
Monuments To An Elegy
Martha’s Music/BMG
33 minutes

www.smashingpumpkinsnexus.com

Exprimez-vous!

*