Monogrenade - Composite - Le Canal Auditif

Monogrenade – Composite

251656Vous savez quel est l’artiste québécois le plus connu en France ? Céline Dion! Largement en plus. Les publics de l’Hexagone adorent aussi Charlebois, Gilles Vigneault ou Félix Leclerc. Tout aussi respectables et influents qu’ils puissent être, ils appartiennent à une époque révolue. La scène indépendante actuelle de la Belle Province manque d’échos de notre côté de l’Atlantique.

Monogrenade est le groupe (avec Karkwa) qui fait exception. Plusieurs papiers dans la presse spécialisée s’enthousiasmaient sur son premier maxi et le morceau Ce Soir. À juste titre d’ailleurs tant la musique du sextuor montréalais enchantait toutes les personnes ayant eu la chance de l’entendre. Même phénomène avec la sortie de son premier album Tantale. Alors oui, aussi étonnant que cela puisse paraître, Monogrenade et son dernier CD Composite sont très attendus par ici.

Avec Metropolis, premier simple mis en écoute, on a pu aiguiser nos couteaux dans l’attente de déguster un magnifique morceau de musique. La serviette autour du cou, la première tournée fait naître une délicieuse envie de se plonger dans une deuxième puis une troisième écoute… Pour pénétrer dans le globe aérien de Composite, il faudra de la patience. Pour le comprendre et l’apprécier, de la passion. Et c’est justement ce que nous offre chacun des titres de l’album. Un enchantement en suspension dans le temps et l’espace. Le duo de tête que sont les titres Composite et L’aimant est un prologue; un résumé, une table des matières où les forces en puissance se présentent. Une production très soignée souligne l’univers cotonneux et hivernal de tout l’album. À chaque instant, on retrouve des chansons taillées pour les rêves à grands coups d’harmonies super classes. Quelle mouche a piqué la section rythmique de Monogrenade? Enflammée et bondissante comme chez Islands, mais aussi recherchée et profonde que Broken Social Scene et son Forgot It In People.

Bien sûr, rien n’est parfait. Si on voulait être excessivement sévère, peut être pourrait-on reprocher à Jean-Michel Pigeon de toujours chanter de la même façon avec cet effet aspiré ou encore ce manque de liberté prise dans les constructions où le côté chanson prime largement sur le penchant alternatif? Mais lorsque Monogrenade se libère, des titres comme Le fantôme ou Phaéton élèvent l’opus encore un poil plus haut.

Même si Monogrenade donne l’impression de pouvoir nous offrir plus, on se contentera largement de ces belles chansons classiques. Après tout, Composite est une suite de bons titres qui va sans doute ravir les fans de Tantale, et c’est sans doute suffisant. Il ne reste plus qu’à espérer que Monogrenade fasse un petit crochet par le centre de la France, entre deux dates, car une chose est sûre, l’accueil sera chaleureux.

Ma note : 7,5/10

Monogrenade
Composite
Bonsound
36 minutes

www.monogrenade.com

Anecdote marrante: Puisqu’on parle de groupes québécois connus en France. En 2011, Karkwa tournait en France. Incroyable, mais vraie, une date était prévue à Besançon (ma ville!) aux Passagers du Zinc. Pour tout vous dire, le PDZ est une cave destinée aux premiers concerts des groupes locaux. Alors voir l’autobus de tournée de Karkwa essayant de manœuvrer dans la vieille ville et la tête de Louis-Jean Cormier au moment de grimper sur scène (ou sur le tapis qui servait à délimiter son espace) ça n’a pas de prix!! Ça doit être la seule fois que Karkwa a joué Le compteur ou Les chemins de verres devant 7 personnes…

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